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Protectionnisme américain: «On va se serrer les coudes», signale Couillard

Le gouvernement Couillard réunit les syndicats et le patronat contre Donald Trump

Philippe Couillard a réuni son Conseil des ministres avec les associations patronales et syndicales, mardi.
Photo Stevens LeBlanc Philippe Couillard a réuni son Conseil des ministres avec les associations patronales et syndicales, mardi.

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Philippe Couillard a réuni son Conseil des ministres avec les associations patronales et syndicales afin de parfaire son «plan» visant à répondre aux mesures protectionnistes «absurdes» de Donald Trump, ainsi qu’aux défis de la main d’œuvre.

« On va se serrer les coudes », a répété le premier ministre, en marge de cette réunion extraordinaire au Salon rouge, organisée essentiellement pour répondre à la menace que représente plus que jamais Donald Trump pour l’économie québécoise.

« Je suis obligé de dire que c’est ce qu’il est (une menace). C’est tellement absurde ce qu’il fait actuellement, a déploré M. Couillard. Il prend de plein fouet l’économie du Québec: nos travailleurs, nos entrepreneurs, nos agriculteurs. [...] M. Trump n’est pas un allié économique du Québec, ça, je peux vous le dire. »

Philippe Couillard a réuni son Conseil des ministres avec les associations patronales et syndicales, mardi.
Photo Stevens LeBlanc

Il ne faut toutefois pas se raconter d’histoires: ce n’est certainement pas Donald Trump qui risque de s’émouvoir de ce qui se dit au Québec contre la montée du protectionnisme américain, reconnaît le premier ministre.

Mais le Québec a encore « beaucoup d’alliés » de l’autre côté de la frontière, a-t-il rappelé.

« Là, il faut faire la distinction entre les États-Unis et le président, a signalé M. Couillard. Les États-Unis, ce n’est pas juste le président. C’est également les États, les gouverneurs, les grandes villes, le milieu académique. [...] C’est un pays extraordinaire. 

Philippe Couillard a réuni son Conseil des ministres avec les associations patronales et syndicales, mardi.
Photo Stevens LeBlanc

Opération charme

Le Québec entend donc continuer de miser sur ses partenaires, avec qui se multiplient les rencontres depuis plusieurs mois déjà, notamment lors de nombreux voyages du côté américain.

Le gouvernement du Québec s’apprête vraisemblablement à intensifier son opération charme, d’où la rencontre extraordinaire entre ses ministres et les représentants des milieux syndical et patronal.

« C’est certain qu’on aura, bientôt, peut-être pas aujourd’hui de façon complète, mais bientôt, un plan d’action détaillé à vous présenter », a laissé planer M. Couillard.

À la sortie de la rencontre, les représentants du monde syndical et du patronal ont chacun de leur côté fait le souhait que cette concertation avec le Conseil des ministres se répète à l’avenir, mais en début de mandat plutôt qu’à quelques semaines des élections.

Philippe Couillard a réuni son Conseil des ministres avec les associations patronales et syndicales, mardi.
Photo Stevens LeBlanc

«Horrible»

Le premier ministre a par ailleurs réagi à la polémique des enfants de migrants illégaux qui sont séparés de leurs parents à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

«C’est horrible, je pense qu’il n’y a pas d’autres mots, a dit M. Couillard. Je ne peux pas comprendre qu’un chef d’État adopte des politiques semblables.»

Le premier ministre du Québec de désole notamment de constater que M. Trump impose, comme condition au dénouement de cette situation, l'appui à son projet de mur frontalier.

«Je ne pense pas que c’est le genre de chose que les Québécois veulent voir, a dit M. Couillard. [...] Malheureusement, j’aurais aimé vous dire qu’il est notre ami, mais les actions qu’il pose sont largement contraires (aux valeurs québécoises).»