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Il prend huit ans pour avoir violé sa belle-fille pendant sept ans

Kevin Brown s’est caché en arrivant au palais de justice de Montréal, mardi.
Photo Chantal Poirier Kevin Brown s’est caché en arrivant au palais de justice de Montréal, mardi.

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Une jeune Montréalaise qui a été violée à répétition dans son enfance par un beau-père menaçant a eu du mal à contenir sa joie en voyant son agresseur écoper de huit ans de pénitencier, ce jeudi.

«Enfin! Le processus judiciaire a été difficile, ça a été dur de témoigner, c’est comme si je ne croyais pas que ce jour puisse arriver», s’est exclamée les yeux rougis la victime de Kevin Brown, au palais de justice de Montréal.

Brown, 43 ans, semblait en apparence être un homme sans histoire. Camionneur en Ontario et apprécié de son employeur, il n’avait jamais eu de démêlés avec la justice. Mais derrière cette façade se cachait un agresseur d’enfant.

De 1997 à 2004, il a ainsi agressé sexuellement sa belle-fille des centaines de fois à raison de deux ou trois fois par semaine, parfois de manière violente et toujours sans protection. Au début, la petite n’avait que six ans.

«Je m’en souviendrais toujours, je suis devenue une adulte à cet âge-là et depuis, je me bats pour survivre et renaître, avait expliqué la victime dans une lettre adressée à Brown. Tu avais ma confiance, et tu l’as utilisée pour faire de moi ton pantin. »

À la demande de la victime, Le Journal a accepté de ne pas la nommer.

Traumatisme

Pendant des années, la victime a gardé le silence. La seule fois où elle en avait parlé, c’était en 1999, mais sous les menaces de Brown, elle a tout nié. Par la suite, les agressions sexuelles ont été encore plus violentes jusqu’à ce qu’elle finisse par le dénoncer à nouveau, en allant jusqu’au bout cette fois.

«Sache que tu m’as traumatisée, a dit la victime à son agresseur. Et je ne suis pas la seule qui a été endommagée. Il y a aussi mon frère, ma mère et mon père, ceux que tu as dit que tu tuerais si je disais tout.»

Malgré le temps qui s’est écoulé, la jeune femme maintenant dans la vingtaine a encore du mal à vivre une vie normale et reste encore extrêmement fragile, a noté le juge.

«Certains enfants réussissent, avec de l’aide spécialisée, à devenir des adultes fonctionnels et passer outre les impacts traumatisants des abus sexuels, a-t-il dit. Ce dossier n’en est pas un où la cour peut faire un tel constat.»

Pour le procureur à la Couronne Philippe Vallières-Roland, Brown méritait 12 ans de pénitencier. Il demandait d’accumuler les peines pour chaque chef, soit de menaces, d’agressions sexuelles causant des lésions, de contacts sexuels, entre autres.

Son vis-à-vis de la défense Charles B. Côté demandait plutôt un maximum de cinq années d’incarcération, sans cumul des peines.

Après analyse, le juge a imposé huit ans derrière les barreaux, en cumulant les accusations d’agressions sexuelles et les menaces.

«Je suis juste contente que [Brown] ne soit plus là», a commenté la victime, se disant satisfaite de la sentence.