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Des milliards sans effet sur la congestion à Montréal

Le plan en transport de la CAQ satisfait des maires, mais pas les spécialistes

Des milliards sans effet sur la congestion à Montréal
Photo Agence QMI, Dominick Gravel

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Le plan d’ajout d’infrastructures de transport au coût de 10 milliards $ annoncé mercredi par la Coalition avenir Québec pour décongestionner la région de Montréal n’aura pas les effets escomptés selon plusieurs experts.

« Ce sont des milliards de dollars qui n’auront pas de véritable impact sur la congestion », déplore Jean-Philippe Meloche, spécialiste en transport urbain à l’Université de Montréal.

Le chef de la CAQ, François Legault, a dressé mercredi matin une liste d’épicerie qu’il prévoit réaliser d’ici à 2030 s’il remporte les prochaines élections.

S’y trouvent deux tramways, dont un vers l’est de Montréal, des prolongements du Réseau express métropolitain au sud et au nord de l’île, ainsi que des ajouts de routes (voir la carte ci-haut).

« Ce plan est ambitieux, mais nécessaire, affirme M. Legault. La congestion nuit à la qualité de vie des gens, la productivité des entreprises et l’environnement. »

Plusieurs maires, dont ceux de Longueuil et Laval, accueillent bien ce plan. Seule voix dissonante : Montréal.

« C’est un plan intéressant, mais qui n’aborde pas la problématique principale, soit la saturation du métro », dit Valérie Plante, dont le projet de ligne rose n’a pas été retenu par la CAQ.

Vrais enjeux

Jean-Philippe Meloche estime quant à lui que la CAQ, comme les autres partis provinciaux, se trompe en annonçant de nouvelles lignes de transport.

« Les vrais enjeux, ce sont l’étalement urbain et la facilité d’accès à l’automobile, dit-il. Si l’on ajoute du transport collectif sans régler ces problèmes, rien ne changera. »

« La CAQ veut bonifier les routes tout en ajoutant des transports. Ça ne marche pas parce que les gens opteront toujours pour l’auto », renchérit Philippe Cousineau Morin, de l’organisme Trajectoire Québec.

Rôle de l’ARTM

Pour lui, un vrai plan de décongestion passe par la mise en place de péages.

« Ce n’est pas populaire et c’est pour cela qu’une entité neutre et apolitique — l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) — a été créée », ajoute-t-il.

Or, François Legault a bien prévenu mercredi que l’ARTM devrait suivre son plan.

« C’est Québec qui finance en partie alors c’est normal que Québec participe à l’arbitrage entre les projets », insiste-t-il.

Un raisonnement qui ne convainc pas Florence Junca-Adenot, professeure à l’UQAM. « Le rôle de l’État est de fixer des objectifs, de financer, puis de demander des comptes. Mais il doit laisser les acteurs locaux trouver les solutions. »

Le plan de décongestion de la CAQ