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Joueur en série: les jeux Jurassic Park

Vos dinos, vous les préférez à écailles, à plumes ou à pixels?

ROOOOOAAAAAARRRRRR!!!!!!!!
Montage: Christine Lemus ROOOOOAAAAAARRRRRR!!!!!!!!

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Le Monde Jurassique: le Royaume Déchu débarque au cinéma ce 22 juin, c’est la fête pour les amateurs de dinosaures!

C’est aussi la fête pour les gamers, qui ont droit au jeu vidéo tiré du film, Jurassic World Evolution. Une habitude à chaque sortie en salle d’un nouvel épisode de la saga Jurassic Park.

Une bonne trentaine de jeux Jurassic Park sont sortis depuis que Steven Spielberg a présenté son premier film en 1993.

Autant vous le dire tout de suite: certains s’en sont mieux tirés que d’autres. Dans le tas, on a quand même eu droit à un clone de Street Fighter avec des dinosaures. Bien sûr qu’on va vous montrer ça, voici d’ailleurs un avant-goût:

Mais commençons par le début: en 1993, les cinéphiles prennent une claque monumentale devant des dinosaures plus vrais que nature sur grand écran.

Bon, tous les dinos viennent du crétacé et non du jurassique, mais Crétacé Park, c’était pas terrible pour le marketing.

«J’ai dépensé sans compter»

Et 1993, c’est aussi l’année où la Super Nintendo et la Sega Genesis se livrent une féroce bataille sur le marché des consoles. Elles héritent donc chacune d’une adaptation, signée Ocean Software, le studio qui détient les droits du film.

La version Super NES, sortie aussi sur PC d’ailleurs, est peut-être le plus connu de tous les jeux Jurassic Park. On y incarne le paléontologue Alan Grant, personnage du film, qui doit rallumer le courant sur l’île et collecter des œufs de dinos.

On peut explorer l’île librement en vue isométrique, on peut entrer dans des bâtiments pour accéder à une vue à la première personne façon Doom, on dézingue des tas de bibittes dont le nom finit en «— or» ou «— aure», les sons sont très travaillés pour l’époque afin de retranscrire le cri des dinos...

Le jeu est finalement très fun, mais très difficile. On est largué sans indice, et il n’y a même pas le moindre mot de passe pour sauvegarder sa progression. Bon courage pour le finir d’une traite.

Le jeu aura droit à une «suite» l’année suivante, Jurassic Park part 2: The Chaos Continues. Mais cela n’a plus rien à voir: on parle là d’un shooter en 2D jouable à deux en même temps, très fortement inspiré de Contra 3 sur la même console.

Jurassic Park sur Genesis est moins connu, globalement moins réussi, mais vaut le coup d’œil: ce jeu complètement différent est un mélange de plate-forme et d’action en 2D. Surtout, on peut incarner un vélociraptor et faire un carnage!

En fait, il s’agit véritablement d’un deux jeux en un, puisqu’on peut aussi choisir d’incarner Alan Grant.

Les niveaux et la jouabilité sont totalement différents: alors que le raptor brille par son agilité et sa férocité, Alan doit utiliser ses armes pour s’en sortir. À condition que le joueur n’abandonne pas en route, car il faut bien dire que le jeu semble avoir été programmé par des diplodocus sous morphine, tant les contrôles sont horripilants (surtout dans la partie avec Alan Grant).

Le profit trouve toujours un chemin

Les consoles 8-bit n’ont pas été oubliées. La Master System et la portable Game Gear de Sega auront droit à une version au rabais du jeu Genesis: moins beau évidemment, mais surtout privée de la partie où l’on contrôle le raptor — bref, privé du meilleur morceau.

La bonne vieille NES a eu droit à son adaptation (à jouer aussi sur Game Boy), et c’est une sorte de shooter vue du dessus.

Comme dans la version Super NES, Alan Grant doit s’échapper d’une île où les dinosaures ont quitté leurs enclos, sauver les enfants et le proprio du parc John Hammond, rallumer le courant et faire sauter les nids de raptors.

Le tout est divisé en six niveaux vastes, ouverts, difficiles, avec quelques séquences originales comme les remontées en canot en slalomant entre les brachiosaures et les dilophosaures, ces petits fourbes qui nous crachent dessus depuis les berges sans le moindre respect. «Hé ben c’est normal que ton espèce ait disparu», comme disait l’autre.

Ah, il y a même eu une version Mega-CD, un point & click mou composé de plans fixes, de séquences précalculées et d’une musique scandaleusement faiblarde pour un jeu tiré de Jurassic Park. On va tâcher d’oublier...

Bon, Jurassic Park, c’est vraiment la grosse affaire à l’époque, alors même la 3DO a eu droit à son jeu.

Visuellement, certaines séquences en 3D sont spectaculaires, mais pour le gameplay, on repassera, c’est minimaliste. Le jeu est d’ailleurs tombé dans l’oubli, mais si vous tenez à le voir, voici une vidéo...

«C’est juste comme une grosse dinde»

La suite du premier film a été amèrement accueillie par les fans (il faut dire que la scène de la gymnastique, à elle seule, valait le détour... nement.

Mais il faut admettre que son adaptation vidéoludique, sortie également en 1997 sur PlayStation et Saturn, était plutôt enthousiasmante.

The Lost World: Jurassic Park permet d’incarner pas moins de 5 personnages différents tentant de survivre sur Isla Nubar et Isla Sorna: un compy (les dinos gros comme des poulets et rois de l’esquive), un raptor, un T-Rex, un mercenaire humain, et Sarah Harding, la paléontologue et fiancée du légendaire professeur Malcolm.

Le jeu est spectaculaire, dynamique et le gameplay, souvent axé sur l’esquive, se renouvelle bien pour chacun des personnages.

Visuellement ça a méchamment vieilli, comme tous les jeux aux visuels 3D de l’époque. Mais la musique, symphonique et très inspirée des compositions de John Williams, fait encore le travail.

Sur PC, on a droit à des jeux «librement inspirés». Chaos Island: The Lost World, sorti en 1997, est un jeu de stratégie en temps réel où l’on tente de s’organiser dans l’île afin de recueillir des données sur les dinosaures, en luttant contre les chasseurs d’In-Gen (les vrais méchants de Jurassic Park).

Le jeu en lui-même est un peu trop simpliste, mais il y a du fan service à tout va.à

Les personnages du film jouent le rôle des «héros» typiques de jeux de stratégie temps réels, avec leurs avantages propres.

Et en plus, ils jacassent comme des pies en faisant des références assez drôles au film (Malcom s’inquiète sans arrêt pour la barre de santé de Sarah, un personnage sait qu’il meurt dans le film et n’arrête pas d’angoisser dans le jeu...).

Les cinématiques sont également engageantes; bref, le fan y trouvera son compte.

«Y’a quoi là-dedans? King Kong?»

Maintenant attention...

Jurassic Park: Trespasser, sorti en 1998 sur PC, devait être le meilleur jeu de tous les temps.

Il propose une exploration entièrement en 3D sur l’île, quasiment en monde ouvert, avec une gestion de la physique avancée et réaliste, bref, la MÉGA-RÉVOLUTION.

Oui, mais le jeu est au final pétri de bugs, les dinosaures font n’importe quoi et tournent en rond au lieu de vous attaquer, le bras-interface est incontrôlable, les énigmes basées sur des empilements de boîtes sont soûlantes...

Au final, le jeu est un four absolu (50 000 ventes) et est déclaré «pire jeu de tous les temps» par Gamespot.

Mais attendez un peu si vous voulez de l’OVNI vous allez être servi. Un an plus tard, un certain Warpath Jurassic Park débarque sur PlayStation.

Kécéça? Oh, c’est un jeu de combat avec des dinosaures.

C’est évidemment du grand n’importe quoi.

Déjà l’idée de départ est assez grotesque (peut-être un hommage à la théorie du chaos du professeur Malcolm?). Mais en plus, en jeu, la taille des reptiles a été égalisée, ce qui fait que le raptor est pratiquement aussi grand que le T-Rex.

«Auriez-vous projeté de mettre des dinosaures dans votre parc à dinosaures?»

Jurassic Park 2 ayant passablement refroidi l’ambiance en salles, la franchise soulève moins d’enthousiasme chez les développeurs de jeu quand le troisième film débarque au cinéma en 2001.

Jurassic Park: Survival aurait dû sortir sur PlayStation 2 et Xbox, mais a été annulé. L’équipe du film n’a pas été capable de fournir des images officielles aux développeurs de Savage Entertainment, et en plus, il y a eu des problèmes de paiement entre Savage et l’éditeur Vivendi.

Bref, le jeu a fini par faire ce que le film aurait dû faire aussi: ne jamais sortir. Faque, on a manqué ça:

Au final, c’est surtout la Game Boy Advance qui récolte les miettes, avec Jurassic Park 3: The DNA factor et Jurassic Park 3 : Park Builder. Le premier est un jeu d’action et plate-forme vu de côté, avec des phases de tir, assez quelconque.

Le second est un jeu de gestion où il faut reconstituer le parc. Ce n’est pas trop mal fait, mais assez simpliste vu les limitations de la console.

Toutefois, cela a le mérite d’encourager un futur jeu dans le même style qui se montrera plus amusant: Jurassic Park : Operation Genesis (2003, PC, Playstation 2, Xbox).

Pas très connu, mais sympathique, ce jeu permet de construire un parc avec des clôtures qui n’attendent qu’une tornade pour s’effondrer, offrant une occasion de s’échapper à nos amis les carnivores.

Frisson garanti pour les visiteurs, que l’on pourra d’ailleurs incarner en contrôlant directement la voiture du safari que l’on a élaboré.

On peut même faire rentrer les jeeps dans les enclos et klaxonner un T-Rex en jouant du parechoc sur ses pattes arrières, quelle belle expérience client!

Vous avez créé des reviews?

Il a fallu attendre 14 ans entre le 3e et le 4e film, sorti en 2015.

Entre temps, un autre jeu pas si connu, mais plutôt bon est sorti sur PC en 2011: Jurassic Park : The Game.

C’est Telltale qui est derrière, et c’est un des premiers jeux à appliquer la formule du studio, à savoir un jeu d’aventure épisodique ultra narratif avec quelques éléments interactifs, basé sur une licence forte (viendront ensuite les géniaux Walking Dead ou encore Wolf Among Us).

Le jeu n’a pas été bien reçu, mais pour de mauvaises raisons.

Des médias ont remarqué que des employés du studio collaient des notes maximales au jeu sur Metacritic pour «booster» sa moyenne. Ça a été très mal perçu par les joueurs, qui ont écrit de très mauvaises critiques sur Steam en représailles.

Mais le jeu en lui-même est bon, je trouve — dans le style Telltale, on s’entend.

Le scénario est très fidèle à l’univers du premier film, explore des pistes de scénario très intéressantes.

Les personnages sont un peu caricaturaux, mais on s’y attache.

ref, la recette Telltale est là, pas encore optimisée, mais elle fonctionne bien.

«Nous allons faire fortune avec ce parc»

Mais des jeux adaptés du film Le Monde jurassique (2015 donc), il n’y en a eu que deux.

Le premier, sur consoles de salon et PC, se double aussi de la licence Lego. Et Lego Jurassic World reste dans la grande tradition des jeux Lego: un titre action aventure très familial, avec un humour bon enfant, fidèle aux films, où l’on peut jouer à deux en même temps et incarner des tas de personnages officiels.

Il s’en est vendu plus de quatre millions dans les six premiers mois de vente: succès colossal donc, pour un jeu agréable, bien fait...

Mais, tout de même, on se dit qu’il y a de quoi faire bien plus ambitieux, plus effrayant et plus électrisant avec une telle licence!

Il y a eu aussi Jurassic World: The Game, un freemium mobile du studio montréalais Ludia.

Il s’agit en fait d’une mise à neuf de leur première mouture de 2012, Jurassic Park Builder, développé avec la licence générique de Jurassic Park, au lieu de celle plus spécifique du 4e film.

Dans les deux cas, on parle à nouveau d’un jeu où le but est de construire son parc à dinosaures.

Sauf qu’en plus, un mode battle permet d’organiser des duels entre reptiles. Là encore, les jeux se sont très bien vendus, preuve que les films continuent de fasciner le public.

Et on peut parier que le dernier jeu de la franchise, Jurassic World Evolution (Xbox One, PS4 et PC), tiré du film qui sort en salles ce mois-ci, se vendra lui aussi par palettes entières.

Faque les films comme les jeux Jurassic Park, contrairement aux gentils toutous qui les ont inspirés, sont loin de leur extinction.