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La chute de l’empire américain: un film jubilatoire

La chute de l’empire américain propose un questionnement sur fond de suspense

Maripier Morin dans une scène du film La chute de l’emire américain.
Photo courtoisie, Films Seville Maripier Morin dans une scène du film La chute de l’emire américain.

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Que feriez-vous si vous trouviez des sacs remplis de billets de banque ? Garderiez-vous ces millions ? Appelleriez-vous la police ? Autant de questions que pose Denys Arcand dans son nouveau film.

C’est ce qui arrive à Pierre-Paul Daoust (Alexandre Landry, parfait d’hésitation) lorsqu’il se retrouve, par hasard, sur les lieux d’un braquage. Les criminels sont morts et il se saisit des sacs. Mais voilà, le jeune homme est livreur, de surcroît diplômé en philosophie, et n’a pas la carrure d’un malfrat.

Puisqu’il vient de se séparer de Linda (Florence Longpré), il appelle une escorte, répondant au doux nom d’Aspasie (Maripier Morin, parfaite). Et comme il ne sait décidément pas quoi faire de ces millions, il va voir Sylvain The Brain Bigras (Rémy Girard, impeccable), ancien motard tout juste libéré de prison. Or, Pierre-Paul est dans la ligne de mire de la police – Pete LaBauve (Louis Morissette) et Carla McDuff (Maxim Roy) – qui suit chacun de ses gestes afin de retrouver l’argent manquant.

Au sein de la distribution, on croise aussi Pierre Curzi, toujours à son meilleur lorsqu’il récite les dialogues d’Arcand, Paul Doucet, Denis Bouchard, Yan England, Claude Legault, James Hyndman ainsi que le tandem Benoit Brière et Gaston Lepage (un sympathique clin d’œil à Joyeux calvaire).

Action et comédie

Présenté comme un suspense policier, La chute de l’empire américain comprend des moments d’action – le braquage et la fusillade, pour ne parler que de ceux-là – et de franche comédie (dans la deuxième partie du film, les personnages de Paul Doucet et Denis Bouchard sont mémorables), ces éléments contribuant à rythmer une histoire qui se transforme en fable fantaisiste.

La chute de l’empire américain est du pur Arcand, un savant, pétillant et joyeux mélange de réflexions sur l’intelligence, l’honnêteté, la compassion, la société dans laquelle on vit et la puissance de l’amour. Alors qu’on pourrait penser, de prime abord, que le réalisateur québécois oscarisé est cynique, il n’en est rien. Au contraire. Passionné par la nature humaine, Denys Arcand fait preuve ici d’un optimisme qui a tout de l’idéalisme, son Pierre-Paul Daoust donnant le meilleur de lui-même, tout comme le font les personnages de l’excellente série espagnole La Casa de Papel.

En regardant cette Chute de l’empire américain jubilatoire, on se prend rapidement à aimer cette « gang » de criminels animés des meilleures intentions du monde et à leur souhaiter le plus éclatant des succès.

La chute de l’empire américain est attendu en salle le 28 juin.


La chute de l’empire américain | ★★★★

Un film de Denys Arcand avec Alexandre Landry, Florence Longpré, Rémy Girard et maripier Morin.

 

Un film inspiré de vrais événements

Conférence de presse pour le nouveau film de Denys Arcand «La chute de l'empire américain», au Théâtre Maisonneuve, à Montréal, mardi le 19 juin 2018.
Photo Agence QMI, Dario Ayala
Conférence de presse pour le nouveau film de Denys Arcand «La chute de l'empire américain», au Théâtre Maisonneuve, à Montréal, mardi le 19 juin 2018.

Entouré de son équipe, Denys Arcand a présenté La chute de l’empire américain, son nouveau film, hier au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, à Montréal.

Le cinéaste, Denise Robert, Alexandre Landry, Maripier Morin, Rémy Girard, Pierre Curzi, Louis Morissette, Maxim Roy, Eddy King, Vincent Leclerc, Florence Longpré, Patrick Émmanuel Abellard et Dominique Besnehard, producteur associé, s’étaient donné rendez-vous afin de répondre aux questions des journalistes.

Sources d’inspiration

Pour écrire ce film, dont le titre fait directement référence au Déclin de l’empire américain, Denys Arcand dit s’être nourri d’événements réels. Qu’il s’agisse d’un braquage sur la rue Saint-Jacques à Montréal ou d’ Occupy Wall Street, une protestation générale sur l’état de la société », « d’évasion fiscale » ou encore « des personnes en situation d’itinérance », tout cela a été passé dans ce que l’homme de cinéma appelle « le blender de la scénarisation ».

Le résultat est une comédie policière féroce dans laquelle Pierre-Paul Daoust (Alexandre Landry), diplômé de philosophie devenu livreur parce qu’il est mieux payé, est le témoin involontaire d’un braquage qui se termine mal. Le jeune homme s’empare alors de deux gros sacs de billets de banque... et se demande quoi faire de tout cet argent. En premier lieu, il fait appel aux services d’une escorte, puis s’adjoint ceux d’un ex-détenu.

Des acteurs reconnaissants

Maripier Morin a parlé « d’apprentissage, d’une expérience qui m’a changée à jamais » en se souvenant du tournage. Alexandre Landry a souligné la « part d’angoisse qui vient avec un rôle comme celui-là et l’ampleur du personnage », tandis que Denys Arcand s’est souvenu, en riant, l’avoir surpris « pendant le tournage, à lire L’éthique de Spinoza ! C’est illisible ! »

Quant à son complice Rémy Girard, avec qui il a tourné Les invasions barbares il y a 15 ans, il a parlé de « connivence ». « On se comprend bien. Quand je suis arrivé sur le plateau, c’est comme si on avait fini de tourner la nuit dernière ». Si La chute de l’empire américain insiste sur l’omniprésence de l’argent dans la société, « l’une des qualités du film est qu’il n’y a pas de jugement moral sur l’argent. [...] En soi, le capital n’a pas d’odeur, pas de saveur. C’est un moyen. Ce sont les hommes et les femmes qui en font le pire et le meilleur », souligne Pierre Curzi.