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Poursuite de 1,9 M$ contre la succession d’un assassin

La famille de Benoit Côté est encore profondément affligée par son meurtre

Le 2 juillet 2015, Michel Dubuc a fait irruption dans le cabinet d’avocats de Benoit Côté, situé à Terrebonne, avant d’ouvrir le feu. Ce jour-là, les deux fils de M. Dubuc avaient aussi été tués, avant que ce dernier ne s’enlève la vie.
Photo d’archives Le 2 juillet 2015, Michel Dubuc a fait irruption dans le cabinet d’avocats de Benoit Côté, situé à Terrebonne, avant d’ouvrir le feu. Ce jour-là, les deux fils de M. Dubuc avaient aussi été tués, avant que ce dernier ne s’enlève la vie.

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La famille d’un avocat assassiné il y a trois ans, à Terrebonne, poursuit pour 1,9 M$ la succession de son meurtrier, qui avait mis fin à ses jours après avoir commis son crime. Ce genre de poursuite est rarissime au Québec.

La folie meurtrière de Michel Dubuc en juillet 2015 avait fait les manchettes.

Après avoir abattu ses deux fils à Boucherville, il s’était rendu au cabinet d’avocats de Me Benoit Côté, situé à Terrebonne, avant d’ouvrir le feu sur lui ainsi qu’une notaire sur place. Au terme de sa virée sanglante, Dubuc était retourné chez lui, puis avait mis le feu à sa maison avant de s'enlever la vie.

Le meurtrier entretenait une relation difficile avec son ancien avocat. Le mystère plane toujours à savoir pourquoi il s’en est ainsi pris à ses garçons.

Une poursuite a récemment été déposée au palais de justice de Longueuil en Cour supérieure au nom de la succession de M. Côté, de sa femme Christine Gosselin ainsi que leurs deux enfants contre la succession de Michel Dubuc et l’Agence du revenu du Québec, qui est liquidateur.

« Les demandeurs sont profondément affligés par la perte de feu Benoit Côté et les événements entourant ce meurtre et celui des autres victimes que feu Michel Dubuc a pris d’assaut [et] laissent les demandeurs dans une totale incompréhension du comportement humain », peut-on lire dans la poursuite.

Perte de leur père

Le plus jeune garçon avait 11 ans au moment des événements. Pour lui, on réclame la somme de 800 000 $ en dommages-intérêts et moraux.

« La perte de son père lui enlève la possibilité de jouir de l’affection, de l’amour et de l’éducation auxquels il aurait normalement eu droit », lit-on dans la requête, ajoutant qu’il « a vécu une situation de stress et d’angoisse qu’aucun enfant ne devrait être appelé à vivre ».

On demande la somme de 600 000 $ pour son frère aîné, qui avait 16 ans lorsque les faits tragiques sont survenus.

« La perte de son père a causé un vide irréparable qu’[il] ressent encore, tant au niveau de la perte de support moral, de soutien parental et de la privation de son père », affirme la poursuite, soulignant qu’« on ne peut imaginer l’intense douleur et le profond désarroi qu’il a pu ressentir ».

Deuil de son époux

De son côté, Christine Gosselin demande 400 000 $, notamment pour la « privation de vie commune » et le « choc émotif et psychologique ».

« Elle vivait en pleine tragédie le deuil de son époux, devait consoler et rassurer leurs deux enfants », soutient la requête.

On demande aussi 100 000 $ au nom de Me Côté « pour l’atteinte illicite et intentionnelle au droit à la vie dont il a été victime ».

Contactée par Le Journal, l’Agence n’a pas voulu réagir à la poursuite « puisque des procédures sont toujours en cours ».

« Par ailleurs, l’implication de Revenu Québec dans ce dossier se limite à agir à titre d’administrateur de la succession », nous a indiqué une porte-parole.

L’avocate de la famille de Benoit Côté n’a pas souhaité commenter l’affaire, puisqu’elle se trouve devant les tribunaux.