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Indépendance: le PQ rattrapé par les déclarations de François Gendron

Indépendance: le PQ rattrapé par les déclarations de François Gendron
Photo d'archives

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WENDAKE | François Gendron n’est pas le seul député péquiste à penser que son parti a fait une erreur en reléguant la souveraineté au second plan.

«Moi j’aurais préféré qu’on en parle plus», a aussi laissé tomber, à son tour, le vétéran député péquiste Claude Cousineau, qui à quelques semaine de sa retraite, est venu saluer ses collègues du caucus réunis dans la réserve indienne de Wendake, dans la région de Québec.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, accordée alors qu’il s’apprête à tirer sa révérence après 42 ans de vie politique, M. Gendron reproche entre autres à son parti d’avoir renoncé, depuis le dernier référendum, à faire la promotion active de la souveraineté.

À son arrivée à l’Hôtel-Musée Premières Nations, où est réunie jeudi l’aile parlementaire péquiste, le député péquiste de Bourget, Maka Kotto, a affirmé que M. Gendron aurait été mal cité.

Propos «désespérés»

«Je suis étonné de l’écart de pensée, disons, qu’il y a entre ce qui est rapporté et ce dont on a souvent discuté. [...] C’est qu’il est mal cité. Tout est une question d’interprétation. [...] Moi j’ai parlé au cheval à quelques reprises, et le cheval ne m’a jamais tenu de propos aussi désespérés.»

Lors d’un point de presse en fin d’avant-midi, le chef péquiste Jean-François Lisée a abondé dans le même sens.

«Je suis en désaccord avec ce qu’on a lu dans l’article, et puis je suis en accord avec ce qu’il (M. Gendron) m’a dit au téléphone, alors on va prendre la moyenne des deux», a dit M. Lisée, qui s’est défendu de ne pas parler assez de souveraineté.

«Il n’y a pas un conseil national où on n’en parle pas. Il n’y a pas une assemblée publique où je n’en parle pas. Il n’y pas un discours de chambre de commerce où je n’en parle pas. Je parle constamment de souveraineté», a-t-il insisté.

Un projet méconnu chez les jeunes

D’autres députés péquistes ont toutefois partagé le cri du cœur lancé par M. Gendron, qui brillait par son absence au caucus, jeudi matin.

«Je pense que si on le prend dans une perspective globale, effectivement, le Parti québécois a pu, pendant un temps, mettre un peu de côté la promotion de l’indépendance», a reconnu la députée péquiste de Marie-Victorin, Catherine Fournier.

La plus jeune députée de l’Assemblée nationale, qui fait la tournée des cégeps et universités, constate d’ailleurs que de nombreux électeurs de sa génération n’ont pratiquement jamais entendu parler de souveraineté.

«Ils ne sont pas nécessairement au courant», a dit Mme Fournier, en expliquant que les jeunes n’ont pas grandi dans un contexte où le projet indépendantiste était à l’avant plan.

Indépendance: le PQ rattrapé par les déclarations de François Gendron
Photo Marc-André Gagnon, Journal de Québec

Un échéancier clair en deux temps

Elle et sa collègue de Chicoutimi, Mireille Jean, s’entendent pour dire que l’échéancier dont s’est doté le Parti québécois avec Jean-François Lisée est désormais on ne peut plus clair.

«Maintenant c’est clair, on veut faire la promotion de l’indépendance durant le mandat entre 2018 et 2022, pour qu’en 2022 bien on puisse demander clairement aux Québécois le mandat de réaliser l’indépendance», a souligné Mme Fournier, à l’instar de Mme Jean.

«À mon avis moi on n’en parle jamais assez de la souveraineté, a dit Mme Jean. [...] Il faut en parler tous les jours.»

«Nous voulons réussir l’indépendance en deux mandats», a réitéré M. Lisée, en soulignant que le cadre financier que son parti est en train de préparer prévoira une somme de 2 M$ dans un premier mandat pour mettre à jour les études sur la souveraineté.

Préparer l'élection

«Je pense que tout le monde sait qu’on est souverainistes. Je pense que c’est assez acquis depuis la création du Parti québécois», a déclaré de son côté le leader parlementaire Pascal Bérubé.

Ce dernier a par ailleurs justifié la tenue de cette réunion du caucus péquiste, alors que les travaux parlementaires sont terminés depuis la semaine dernière.

«On fait ça lorsqu’on prépare une élection, a dit M. Bérubé. C’est une élection à date fixe, alors on va parler davantage, pas des travaux parlementaires évidemment, mais de la préparation à l’élection. Je pense que c’est normal.

«Quant à moi, la bataille ne fait que commencer et j’ai très confiance que le 1er octobre on va l’emporter haut la main», a déclaré en ouverture du caucus le député péquiste Nicolas Marceau, qui a annoncé mercredi qu’il sollicitera finalement un nouveau mandat dans Rousseau.