/news/politics
Navigation

Investissement Québec: le PQ dénonce les «hauts salaires scandaleux»

Le chef péquiste Jean-François Lisée
Photo d'archives, Simon Clark Le chef péquiste Jean-François Lisée

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC | L’explosion des salaires des cadres d’Investissement Québec (IQ) est un nouvel exemple de la culture «des hauts salaires scandaleux» dont le Parti libéral du Québec (PLQ) est responsable, a déclaré jeudi le chef péquiste Jean-François Lisée.

Dans un point de presse en marge d’un caucus de ses députés dans la région de Québec, M. Lisée a réagi à un reportage de notre Bureau d’enquête sur la hausse de 55 % de la masse salariale des cadres à IQ.

Selon le chef péquiste, cette situation est un exemple de plus d’octroi injustifié de salaires trop élevés, que ce soit dans d’autres sociétés d’État ou qu'il s'agisse des médecins spécialistes.

M. Lisée a également fait un parallèle entre les salaires des cadres d'IQ et les primes controversées que la haute direction de Bombardier s’était octroyées en 2017 après son association avec le gouvernement québécois dans le programme de la C Serie.

«Ça fait partie de cette culture des hauts salaires scandaleux que le PLQ a alimentée et cautionnée ces 15 dernières années», a-t-il dit.

M. Lisée a dénoncé cette «ère de surenchère scandaleuse».

«Nous, au PQ, on pense qu’il faut créer une culture de la modération chez les hauts salariés, que l’État doit être exemplaire et, là, l’État donne le mauvais exemple», a-t-il dit.

En hausse à IQ

Les salaires versés aux cadres d'IQ ont totalisé 14,3 millions de dollars en 2017-18, contre 9,2 millions l’année précédente. Le nombre de cadres, pendant cette période, est passé de 51 à 88.

En plus des salaires, une somme de 1,8 million de dollars, en hausse de 63 % sur un an, a été dépensée pour offrir aux cadres des avantages divers: «stationnement, assurances, abonnement à une clinique médicale privée, fonds de pension».

Le conseil d’administration de la société d’État a également accepté de verser un boni d’entrée de 25 000 $ à une vice-présidente, Marie Zakaïb, embauchée en mars 2017.

Retour à 2016

Le porte-parole péquiste en matière d’économie, Alain Therrien, a enjoint à la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, de rappeler IQ à la raison.

Selon lui, la situation actuelle, avec un ratio d’un cadre pour cinq employés, est inacceptable. Le député péquiste souhaite que le nombre de cadres soit ramené à 51.

«Dominique Anglade aurait dû surveiller la situation pour empêcher l’explosion du nombre de cadres et de la masse salariale, et devrait envoyer à IQ le message que ça doit cesser», a-t-il dit en entrevue téléphonique.

M. Therrien a rappelé qu’en mai, le président-directeur général d'IQ, Pierre Gabriel Côté, avait expliqué que la nomination de cadres encourageait les employés à rester à IQ.

«C’est ça, sa réponse», a-t-il dit.

L’an dernier, le rendement des capitaux propres du bras financier du gouvernement a baissé légèrement, à 5,3 %, contre 5,5 % en 2016-17.

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon à Wendake