/news/society
Navigation

Le Tribunal administratif du travail ordonne aux grutiers de rentrer au travail

Le Tribunal administratif du travail ordonne aux grutiers de rentrer au travail
PHOTO JEAN-FRANCOIS DESGAGNES

Coup d'oeil sur cet article

Le Tribunal administratif du travail ordonne aux grutiers de retourner sur les chantiers du Québec dès vendredi, 24 heures après que la Commission de la construction du Québec (CCQ) eut exigé la même chose en vain.

Dans une ordonnance provisoire, le juge Alain Turcotte ordonne aux grutiers d'«offrir immédiatement leur prestation normale et habituelle de travail».

Les syndicats touchés, notamment la FTQ-Construction, ont «l’obligation» de rappeler à leurs membres leurs responsabilités.

La CCQ a réagi à la décision du Tribunal administratif du travail. «La CCQ souhaite que le mot d’ordre du tribunal soit entendu rapidement et que la grève illégale cesse sans délai afin que les chantiers du Québec puissent retrouver leur niveau d’activité normal. La fin de ce conflit est au bénéfice de tous les travailleurs et employeurs de l’industrie, dont le travail est compromis».

La Commission rappelle que toute personne qui défiera cette ordonnance est passible d’outrage au tribunal. Elle s’expose à des amendes de 10 000 $, ou 100 000 $ pour une personne morale, et même à une peine d’emprisonnement.

Le Conseil du patronat du Québec a pour sa part «salué» la décision du Tribunal administratif du travail sur Twitter: «Retour au travail des #grutiers un soulagement pour la population et pour la sécurité du public; nous saluons la décision du Tribunal administratif du travail TAT #polQC nul n'est au-dessus des lois #construction».

Coup d'éclat des grutiers devant les bureaux de la CCQ

En après-midi, jeudi, des grutiers ont procédé à un coup d’éclat devant les bureaux de la CCQ, sur l’avenue Christophe-Colomb, à Montréal.

La manifestation des grutiers, en grève illégale depuis lundi, voulait démontrer les dangers de l’opération d’un camion-flèche sur lequel est positionnée une grue.

Ils étaient plus d’une centaine peu après 13 h à s’être présentés au rassemblement, alors que d’importants chantiers, dont celui du nouveau pont Champlain, sont littéralement paralysés par la grève illégale.

Les grutiers dénoncent que les nouvelles règles mises en place dans l’industrie posent un risque à la santé et la sécurité au travail.

Formations en entreprise

Depuis la mi-mai, les entreprises en construction peuvent former elles-mêmes des grutiers au lieu de devoir attendre qu’ils soient diplômés, ce qui suscite des craintes dans l’industrie.

Ainsi, il est possible pour un non-diplômé qui souhaite devenir grutier de suivre un plan de formation en entreprise à l’intérieur d’une garantie d’emploi d’une durée de 150 heures durant trois mois consécutifs.

Pour obtenir ce droit, un compagnon devra réussir une formation de 80 heures, ainsi qu’un examen de qualification, dont le seuil de réussite est lui aussi fixé à 80 %. Il devra prouver chaque année qu’il a opéré un camion-flèche pendant au moins 50 heures.

«Faux enjeu»

Dans un marathon d’entrevues donné sur ce dossier mercredi, la PDG de la CCQ, Diane Lemieux, a jugé que la question de sécurité soulevée par les grutiers n’est pas le véritable enjeu de cette grève. Elle croit que les autorités syndicales ont menti et ont pris des «raccourcis incroyables».

«On fait sortir les gens au nom de la sécurité, mais ce n’est pas ça l’enjeu. C’est le monopole. En voyant cette réaction excessive, on se dit qu’on a mis le doigt sur quelque chose. On change la ‘’business’’. Éventuellement, on va faire rentrer, dans l’ordre, des gens dans les métiers de grutiers qui ne sont pas dans leur circuit», a-t-elle affirmé.

Diane Lemieux assure que toute l’industrie a été consultée et a accepté les changements.

La formation offerte aux gens qui veulent travailler dans cette industrie sans diplôme a été solidifiée et enrichie.

Elle rappelle que tous les acteurs avaient eu l’occasion de s’exprimer sur cette question.

Jeudi, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré qu'il souhaitait un retour au travail des grutiers. Il a rappelé que cette histoire pourrait être «coûteuse» pour eux.

 

-Avec l'Agence QMI