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Les grutiers doivent cesser leur grève, dit le tribunal

Les centrales recommandent à leurs membres de se conformer à l’ordonnance de la cour

Les grutiers ont procédé à un coup d’éclat devant les bureaux montréalais de la CCQ.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Les grutiers ont procédé à un coup d’éclat devant les bureaux montréalais de la CCQ.

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Les centrales qui chapeautent les deux syndicats de grutiers visés par l'ordonnance du tribunal recommandent de s'y conformer et de cesser leur grève.

La FTQ-Construction, qui représente le local 791-G, demande aux salariés grutiers dans un communiqué « d’offrir immédiatement leur prestation normale et habituelle de travail ».

Le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), qui représente le local 905, a passé un message semblable indiquant à ses membres grutiers « qu’ils sont dans l’obligation de cesser immédiatement toute grève ou ralentissement de travail ».

Propos qui contrastent

Les propos tenus par Jocelyn Dupuis dans une manifestation hier après-midi devant les bureaux de la Commission de la construction du Québec (CCQ) contrastent avec les recommandations des centrales syndicales. L’ex-leader a affirmé vouloir se « battre jusqu'à la mort » pour son métier de grutier et que « personne ne touche à ce métier-là », allant jusqu’à brandir ses propres cartes de compétences devant la caméra.

« [La PDG de la CCQ Diane Lemieux] ce qu’elle fait, c’est qu’elle encourage le travail au noir. Elle est prête à donner des boom truck de 30 tonnes et moins à n’importe quel travailleur ou métier qui veut aller opérer cela », s’est-il emporté devant les caméras. Il ajoute qu’elle « va être responsable de tous les morts dans l’industrie de la construction ».

Quelques heures plus tard, le juge Alain Turcotte du Tribunal administratif du travail a émis une ordonnance provisoire, intimant aux opérateurs de grue de retourner au travail.

Il mentionne dans sa décision « l’urgence » d’agir et les « impacts importants » de l’arrêt de travail sur les chantiers de construction.

Son ordonnance est en vigueur « jusqu’à ce qu’une décision au fond soit rendue ».

Selon le magistrat et devant les preuves amenées par les inspecteurs de la CCQ, l’absence des grutiers sur les chantiers « ne peut être l’effet du hasard », alors que les associations syndicales ont pourtant plaidé hier ne pas avoir participé ou encouragé ce mouvement.

« Sans délai »

La CCQ dit souhaiter « que la grève illégale cesse sans délai ».

Elle veut aussi maintenir sa présence sur les chantiers « afin de recueillir la preuve et exercer les recours pénaux appropriés ». Elle rappelle que si des gens choisissent de défier l’ordonnance, ils seraient passibles d’outrage au tribunal.

« Ces personnes s’exposent à des amendes de 10 000 $, ou 100 000 $ pour une personne morale, et même une peine d’emprisonnement », écrit la CCQ.

Mot d'ordre

Comme c’est le cas depuis le début du débrayage, le directeur du local 791G des grutiers, Evans Dupuis, n’a pas rappelé Le Journal. Impossible de savoir quel mot d’ordre il a donné aux syndiqués.

Selon les informations de notre Bureau d'enquête cependant, des membres des deux principaux syndicats expriment déjà leur intention de ne pas se conformer à l’ordonnance et de ne pas se présenter au travail.

Toujours selon nos sources, la direction du local 905 est opposée à la grève illégale, mais elle ignore ce que décideront ses membres sur le terrain.

Contacté par notre Bureau d’enquête, le président du local, Gilles Larivière, a refusé de commenter.

Dans un communiqué, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International) écrit soutenir «le fond des revendications des grutiers, mais pas la forme utilisée».

«Nous continuerons à représenter [les intérêts de nos membres] dans les limites de la légalité afin de nous assurer que la santé et sécurité de tous les travailleurs soit assurée, que leur métier soit protégé et que leurs voix soient entendues», écrivent Michel Trépanier et Patrick Bérubé, respectivement président et directeur général du syndicat connu sous le nom de «l'Inter».