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L’ennemi intérieur

Donald Trump
Photo AFP Donald Trump

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La société américaine n’a pas fini de se déchirer face à un président mégalomane qui, jusqu’à l’extrême, prend un malin plaisir à les polariser. Donald Trump est comme un savant fou. Riant aux éclats, il s’amuse à jongler avec des substances explosives dans son laboratoire en forme de maison blanche.

Ignoble, Trump s’est même permis de s’en prendre à des enfants et des bébés. Dans sa guerre contre les migrants, par milliers, il a séparé des enfants de leurs parents. En bon simili-nazi, il les a entassés dans des enclos ou des cages. Ne manque plus que des trains pour les déporter.

Comment un président d’un pays aussi avancé peut-il se vautrer à ce point dans les bas-fonds de l’inhumanité ? La réponse, on la connaît. Comme d’habitude, Trump joue. Il joue à conforter sa base électorale d’Américains blancs frustrés et peu éduqués.

Il joue à dénigrer les médias qui le dénoncent. Il joue à souffler sur les braises du racisme. Dans sa tête de maniaque, des enfants enfermés dans des cages ne sont qu’un de ses jouets parmi d’autres.

Sadisme

Idem pour son présumé revirement spectaculaire. Sous haute pression, Trump joue soudainement au bon papa, jurant ne pas vouloir séparer les familles de migrants. C’est pourtant lui qui l’a fait ordonner. Nous voilà donc en pleine schizophrénie politique.

Ce Mussolini d’opérette est un ogre. Pour satisfaire son besoin primal de toute-puissance, il est même prêt à plonger son pays en état de guerre civile politique et sociale. En cela, Trump est le pire ennemi à jour des États-Unis.

Les cris d’enfants réclamant leurs parents opposent en effet deux camps irréconciliables. D’un côté, des Américains outrés par autant de brutalité. De l’autre, des Américains jouissant de voir ces fucking migrants traités de vermines par leur propre président.

Les effets toxiques du trumpisme s’annoncent multiples et profonds. Il nourrissait déjà la haine et la misogynie. En jetant des enfants de migrants dans des cages, c’est le racisme et le sadisme qu’il encourage au sein de sa « base » d’enragés.

Contagieuse

Chez tous ces parents et enfants qui ont été séparés, Trump vient de semer une haine viscérale des Américains. Un jour pas si lointain, elle reviendra les hanter. Il vient aussi de les handicaper à vie sur le plan psychologique. Que faire ?

Plusieurs citoyens appellent à un boycott des produits américains. D’autres refusent d’y passer leurs vacances. Même de grandes compagnies dénoncent l’ignominie de Trump. Tous des gestes honorables.

Qu’il change d’idée constamment ou pas, c’est pourtant sur le terrain politique que Trump doit être confronté. L’heure n’est pas au silence. Les leaders occidentaux, dont Justin Trudeau, doivent le dénoncer systématiquement haut et fort.

Sous un angle plus large, la crise des migrants est réelle. Elle traverse les frontières et les océans. Les leaders politiques doivent toutefois être clairs : si solutions il y a, elles devront être humanitaires. Sinon, la déliquescence morale des États-Unis sous l’emprise de Trump risque fort de devenir contagieuse.