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Devenir une machine à étudier pour péter des scores

Aram Mansouri dans un local du collège Vanier où il révise souvent.
Photo Dominique Scali Aram Mansouri dans un local du collège Vanier où il révise souvent.

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Il y a un an, Le Journal publiait le portrait de 12 élèves ambitieux et allumés. Ils sont diplômés d’une des écoles secondaires les plus mal aimées de Montréal. Nous suivrons leur parcours jusqu’en 2021. 


Faire du bénévolat dans un hôpital, étudier par soi-même quand les profs de cégep n’avancent pas assez vite, regarder des vidéos explicatives sur YouTube, Aram Mansouri est prêt à tout pour devenir docteur, sauf se transformer en « rat de bibliothèque ».

► Aram Mansouri

  • 18 ans 
  • Sciences de la nature, profil santé

Le jeune homme de 18 ans étudie en sciences de la nature, profil santé, au collège anglophone Vanier. Il rêve d’être un jour accepté en médecine, un des domaines les plus con­tingentés qui existent à l’université.

Il doit obtenir une cote R de plus de 34, soit un indice calculé à partir des résultats scolaires, mais aussi de la moyenne du groupe.

Autrement dit, il ne doit pas seulement réussir. Il doit mieux faire que les autres.

Pour y arriver, il dort six heures par nuit et n’hésite pas à manquer des cours quand il sait qu’il peut apprendre plus rapidement par lui-même.

Machine à étudier

« Le prof est là pour répondre aux besoins de 30 personnes. Mais moi, si je comprends du premier coup, c’est deux heures qui viennent de partir pour quelque chose que je peux apprendre en 15 minutes », explique-t-il.

Avant même d’entrer au cégep, il avait commencé à regarder des vidéos sur YouTube pour se familiariser avec les termes scientifiques en anglais.

De plus, il fait du bénévolat comme secouriste au cégep et au service d’accueil d’un hôpital.

S’il est devenu une redoutable machine à étudier, c’est pour se surpasser, et non pour « battre » ses camarades de classe. D’ailleurs, il préfère quand les gens s’entraident.

Par exemple, il n’oserait jamais donner une fausse date d’examen à un collègue pour l’induire en erreur.

« Ça donne quoi de faire ça si à la fin tu n’as plus personne autour de toi ? »

« C’est vrai qu’il faut être compétitif pour devenir docteur, mais à la fin, qu’est-ce que ça va nous avoir apporté de n’être que des rats [de bibliothèque] ? »

« Je ne veux pas être juste un robot avec une grosse cote R. Je fais de la musique, du dessin, du sport. Je veux savoir faire un peu de tout. »

D’ailleurs, il songe à obtenir un autre baccalauréat avant d’être accepté en médecine.

« J’adore apprendre. Si je pouvais, j’apprendrais toute ma vie. »

Cet été, il veut continuer à faire du bénévolat et des arts.

« Je vais peut-être avoir l’air d’un gros nerd, mais avant de recommencer, je vais lire sur la chimie, réviser pour la session prochaine », dit-il.