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De la compassion pour Bryce Harper

Bryce Harper
Photo AFP Bryce Harper

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L’an passé, à pareille date, Bryce Harper semblait être sur la voie de devenir le premier joueur du baseball majeur à empocher un contrat d’une valeur de 500 millions $.

Âgé de 24 ans, Harper était à une saison et demie de devenir le joueur autonome le plus convoité de l’histoire. Il affichait une moyenne au bâton de ,350, les Nationals de Washington étaient au premier rang et le jeune joueur étoile frappait à un rythme pouvant lui permettre de terminer la saison avec 52 circuits et... 148 points produits.

Malheureusement, une blessure força Harper à manquer une cinquantaine de matchs et il n’a pas réussi à maintenir la cadence. Malgré tout, il termina la saison avec une moyenne plus que respectable de ,319 avec 29 circuits et 87 points produits.

Cette saison, c’est autre chose. Ça va très mal pour lui présentement et ayant connu ma part de difficultés dans ma carrière de joueur, je ne peux faire autrement que de ressentir de la compassion lorsqu’un athlète éprouve des difficultés. Ce n’est jamais simple de revenir d’une blessure physique, mais avec un protocole établi par les médecins et les soigneurs, c’est beaucoup plus facile qu’une blessure ou une faiblesse mentale.

Lors de mes 10 saisons dans le baseball professionnel, j’ai eu ma part de défis au niveau physique et au niveau mental. Lorsqu’un athlète perd confiance, cela devient très difficile de faire bonne figure.

Pas de plaisir

Harper est physiquement en santé. C’est du moins ce qu’il dit aux médias et je n’ai aucune raison de croire le contraire, mais c’est clair qu’il ne s’amuse pas présentement. Imaginez la pression qu’il peut ressentir. Il frappe à peine pour ,212 cette saison et il présente une moyenne de ,149 en juin. Harper tente par tous les moyens de s’en sortir, il passe des heures et des heures dans la cage des frappeurs et dans la salle vidéo. Il étudie, analyse et rentre même lors des journées de congé pour frapper dans le but d’essayer de changer les choses. Il prend des chemins différents pour se rendre au stade et il s’est même rasé la barbe.

Chaque mauvaise présence, chaque retrait l’éloignent du but. Il s’élance sur beaucoup de tirs à l’extérieur de la zone des prises. Il n’est pas patient et cette anxiété l’empêche d’être plus sélectif et d’obtenir des buts sur balles. Il joue tendu. La lourdeur d’un autre retrait l’affecte grandement et lui coûte des dizaines de millions de dollars. Pensez-y, le Bryce Harper à son meilleur, qui frappe des bombes et produit des points, est un joueur autonome qui signe un contrat de plus

de 400 M$. Bryce Harper, en affichant une moyenne de ,214 et en ayant plus de retraits au bâton que de buts sur balles, sera encore recherché sauf que le prix pourrait être réduit de moitié. Je demeure convaincu que Harper réussira à se sortir de cette léthargie. Il est trop talentueux et bien encadré. Alors qu’il travaille son élan, Harper doit également consulter et travailler avec un psychologue qui se spécialise en haute performance. C’est une autre façon de s’en sortir.

Le célèbre Yogi Berra disait que le baseball était à 90 % mental et que l’autre moitié était physique. Il avait peut-être raison...