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Guerre commerciale: le fédéral toujours pas prêt à soutenir les entreprises canadiennes

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OTTAWA – Malgré les inquiétudes grandissantes des entreprises canadiennes, le gouvernement fédéral n’est toujours pas prêt à agir pour pallier les impacts financiers de la guerre commerciale qui se dessine entre le Canada et les États-Unis.

Alors que des représentants des industries de l’acier et de l’aluminium témoignaient mardi en comité des effets potentiellement dévastateurs des surtaxes américaines et des droits tarifaires canadiens qui entreront en vigueur le 1er juillet, le grand argentier du pays s’est contenté de dire qu’une annonce serait faite «dans les prochains jours».

«On est en train de faire nos devoirs», a déclaré en conférence de presse le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, sans préciser la nature de l’aide envisagée ni la date où elle serait connue. Il a dit reconnaître l’urgence de la situation.

Au sommet de l’agenda

M. Morneau rencontrait ses homologues provinciaux à Ottawa, où le principal sujet à l’ordre du jour était les relations avec les États-Unis. L’ambassadeur du Canada à Washington, David MacNaughton était notamment présent.

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao, a dit espérer que le fédéral présenterait des mesures d’aide, mais il s’est bien gardé de critiquer le ministre Morneau.

«Au Québec, on n’a pas attendu quoi que ce soit. Nous sommes en action. Nous avons nos propres programmes, nos propres moyens. Ça serait bien sûr beaucoup plus efficace d’avoir des mesures similaires avec le gouvernement fédéral», a-t-il affirmé mardi au terme de la réunion.

Québec a déjà annoncé début juin une aide de 100 millions $ pour venir en aide aux PME de l’acier et de l’aluminium.

Selon M. Leitao, le fédéral doit terminer d’évaluer la liste de plus d’une centaine de produits américains qui seront visés par des surtaxes afin de bien cerner quelles entreprises seront les plus affectées.

Affrontement néfaste

En réaction à l’imposition par Washington de tarifs de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium canadien, Ottawa avait répliqué en mai avec des tarifs équivalents sur l’acier et l’aluminium américains, ainsi que sur plus d’une centaine d’autres produits provenant du sud de la frontière.

Devant le comité permanent du commerce international, une douzaine d’intervenants se sont succédé mardi pour décrire comment l’affrontement commercial risquait de faire dérailler leurs opérations.

«Si nous n’obtenons pas de soutien du gouvernement du Canada, nous devrons fermer nos portes seulement quelques mois après le 1er juillet. Nous ne pourrons tout simplement pas nous permettre de continuer», a témoigné Robert Dimitrieff, patron de l’aciérie Patriot Forge, en Ontario.

De son côté, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a dit recevoir de nombreux appels de la part de propriétaires de PME qui s’inquiètent de la suite des choses.

«Il est évident qu’une entente rapide serait souhaitable et que les gouvernements provinciaux et fédéral devront déployer des mesures de soutien pour aider les entreprises à traverser cette période difficile», a fait savoir Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale à la FCEI.