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Halte-garderie mobile PopupCamp: des événements «amenez votre enfant»

Beaucoup de parents seraient moins casaniers si des haltes-garderies mobiles accueillaient leurs enfants lors d'événements.
Photo Myriam Baril-Tessier Beaucoup de parents seraient moins casaniers si des haltes-garderies mobiles accueillaient leurs enfants lors d'événements.

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L’invitation le précise: «Amenez vos enfants, il y aura un service de garde.» Ah bon? Voilà un argument convaincant! Hop! Bébé dans la poussette. Sac à couches en bandoulière. Carte Opus. Autobus. Vroum.

Vingt minutes et j’arrive au lancement du livre Aventures de triplés de la journaliste Catherine Mathys, qui a tenu à ce que l'événement soit accessible aux parents. Au fond du restaurant s’étale effectivement une «garderie». Petit enclos. Tapis de mousse. Poufs. Chapiteau coloré. Profusion de jouets. Animatrices souriantes. Mon fils d’un an et demi s’y précipite, obnubilé. Ma blonde et moi profitons d’un 5 à 7 comme autrefois (même s'il n'est pas question de l’étirer jusqu’à minuit), en compagnie d’autres parents également ravis par cette sainte paix.

Déménageable en 30 minutes, la halte-garderie PopupCamp, un concept québécois unique au monde, s’évertue à permettre aux parents d'assister à des lancements, des conférences, des conseils, des spectacles, des pièces, etc. On prévoit un budget pour le vin, pour le traiteur, parfois même pour le service de voiturier... Pourquoi pas pour un service de garde?

La halte-garderie mobile PopupCamp monte et démonte son enclos terrain de jeu en une demi-heure.
Photo Myriam Baril-Tessier
La halte-garderie mobile PopupCamp monte et démonte son enclos terrain de jeu en une demi-heure.

 

Rapprocher enfants et parents

PopupCamp adapte ses activités à la nature de l’événement. À l’Agora de la danse, un service de garde PopupCamp à 5 $ sera offert un vendredi par mois pendant les spectacles, et les petits pourront s'y initier à la danse. «L’idée, c’est de rapprocher parents et enfants. Alors, par exemple, pour une conférence d’archéologues, les activités pour enfants ont trait à l’archéologie», explique la fondatrice, l’entrepreneure sociale Geneviève Bégin, qui tient ce projet à bout de bras depuis 2015.

Pour sa Virée classique, à la fin août, l’OSM offrira un service de garde PopupCamp avec ateliers musicaux. Sur une base régulière, quatre conseils municipaux montréalais offrent la halte-garderie, pour éviter que la parentalité soit un obstacle à la participation politique. Bravo... mais qu’attendent donc les 15 autres conseils?

Une trop bonne idée?

Ce service de halte-garderie mobile si enthousiasmant ne tient pourtant qu’à un fil et il n’y a pas de filet... Si quelque chose arrive à sa fondatrice, qui fait du 70 heures/semaine, si elle s’épuise, c’est fini. «J’ai l’impression d’être éternellement en démarrage», dit-elle. Sa perpétuelle course pour garder la tête hors de l’eau – et expliquer perpétuellement son concept à des organisateurs – commence à lui peser.

Il serait vraiment dommage que PopupCamp finisse au cimetière des bonnes idées. Un politicien en campagne lira peut-être cette chronique. Pourquoi ne pas promettre d’encourager des événements «amenez votre enfant»? Pourquoi la halte-garderie événementielle ne deviendrait-elle pas chose commune, voire normale? Combien de milliers de parents casaniers-pour-cause-d’enfants ne demandent qu’à participer aux 1001 activités culturelles/citoyennes, pourvu qu’on les accommode minimalement?