/24m/urbanlife
Navigation

La fille d'un itinérant remercie le Collège Ahuntsic : «Ils ont été des petits anges sur sa route»

Les agents de sécurité du Collège Ahuntsic, Marc-André D'aoust, Yanik Chevalier et Rivel Belizaire. Une poignée de gens avaient la confiance de Guy Corbeil, dont les agents de sécurité du Collège. Ils étaient ceux qui lui apportaient de la nourriture et des vêtements à l'occasion. Ils lui ouvraient aussi la porte lors des journées les plus froides.
Photo Nadia Lemieux Les agents de sécurité du Collège Ahuntsic, Marc-André D'aoust, Yanik Chevalier et Rivel Belizaire. Une poignée de gens avaient la confiance de Guy Corbeil, dont les agents de sécurité du Collège. Ils étaient ceux qui lui apportaient de la nourriture et des vêtements à l'occasion. Ils lui ouvraient aussi la porte lors des journées les plus froides.

Coup d'oeil sur cet article

Une femme qui tentait de retrouver son père itinérant remercie le personnel du Collège Ahuntsic d’avoir veillé sur lui pendant une douzaine d’années, après avoir appris qu’il était décédé au début de juin.

Laurence, qui préfère taire son nom de famille, était à la recherche de son père Guy Corbeil depuis peu lorsqu’elle a appris l’éprouvante nouvelle. M. Corbeil a rendu l’âme le 6 juin dernier à l’âge de 61 ans.

Il y a plus de 10 ans, il avait érigé un abri de fortune à côté du Collège Ahuntsic. L’administration lui avait donné l’autorisation de demeurer sur le terrain et d’entrer à l’intérieur de l’établissement pour ramasser les canettes vides, prendre de la nourriture à la cafétéria et se réchauffer en hiver.

La seule photo que Laurence a de son père Guy Corbeil est celle de son permis de conduire, trouvé dans son porte-feuille, et datant de 1997.
Nadia Lemieux
La seule photo que Laurence a de son père Guy Corbeil est celle de son permis de conduire, trouvé dans son porte-feuille, et datant de 1997.

Des membres du personnel du collège et des résidents du quartier se sont rassemblés mardi pour rencontrer Laurence et lui offrir leurs sympathies.

«Je leur dis merci tout simplement. Merci avec des grosses lettres majuscules surlignées au néon, a lancé Laurence avec émotions. Ils ont été des petits anges sur sa route et pour ça, je vais toujours être reconnaissante.»

Aujourd’hui dans la trentaine, elle entrait dans l’adolescence lorsqu’elle a vu son père pour la dernière fois. «Le temps a eu raison de nous. On ne se sera jamais revus», s’est-elle attristée.

Tolérance et générosité

«[Accueillir Guy Corbeil], c’était une question d’humanité, tout simplement, et de s’assurer que quand on a la chance, ou en tout cas le privilège, de pouvoir faire quelque chose pour ces gens-là, on doit le faire», a mentionné la directrice générale du collège Nathalie Vallée.

C’était dans un esprit de tolérance et de générosité que le personnel avait tissé une relation avec lui, a-t-elle ajouté. «Il faisait partie de la communauté du Collège Ahuntsic.»

Laurence a écouté avec attention les témoignages des gens présents au rassemblement. «Je retrace des morceaux de son histoire. Ça m’a fait comprendre, comme je le pensais quand j’étais petite et toutes ces années, que mon père était un homme bon.»

Un homme discret

Peu de gens avaient la confiance de M. Corbeil et pouvaient l’approcher, a expliqué le directeur des communications du Collège Ahuntsic, Éric Léveillé.

Parmi ces personnes figuraient des agents de sécurité.

«Quand il faisait beau, il répondait et il était très à l’aise avec nous autres, a relaté l’agent de sécurité Rivel Belizaire. Et il ne prenait rien par charité.»

Les agents trouvaient tout de même un moyen de lui offrir de la nourriture et des vêtements s’ils en avaient l’occasion. «Ça nous arrivait d’en laisser sur les dalles de béton et de partir. Après, on voyait qu’il l’avait», a raconté le gestionnaire de la sécurité, Yanik Chevalier.