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Pétition pour sauver le marché Jean-Talon

Pétition pour sauver le marché Jean-Talon
Photo Francis Pilon / 24 Heures

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Près de 10 000 personnes ont signé une pétition papier demandant à Montréal d’annuler un projet pilote qui risque, selon eux, de nuire à la pérennité du marché Jean-Talon.

Plus tôt ce mois-ci, des commerçants de longue date ont menacé la Ville qu’ils allaient quitter le marché Jean-Talon si l’administration de Valérie Plante enlevait d’autres stationnements. 

L'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie a annoncé la semaine dernière que d’autres travaux auront lieu cet été pour terminer les aménagements piétons de la place Shamrock, située entre le marché et le boulevard rue Saint-Laurent, qui deviendra permanente et qui supprimera ainsi des stationnements aux abords du marché Jean-Talon.

« Le projet de la place Shamrock, tel que présenté, causera un préjudice énorme et irréversible au marché Jean-Talon et va à l’encontre de sa vocation et de ses besoins »,  peut-on lire dans la pétition de Lino Birri, copropriétaire de Birri au marché Jean-Talon.

« Les vendeurs ont déjà commencé à quitter le marché et les clients à faire demi-tour. Pour arrêter cette hémorragie, nous demandons un statu quo immédiat sur ce projet. »

En tout, la pétition papier et en ligne avait récolté près de 11 000 signataires mardi en fin de journée.

Voitures chassées

Selon M. Birri, qui y travaille depuis 57 années comme marchand, jamais le marché Jean-Talon n’a été aussi peu accessible pour les véhicules motorisés.

« Personne n’est venu nous voir ici au Marché pour analyser la situation et demander l’opinion des marchands. Le problème aussi, c’est que cette place publique rentre sur le terrain des commerçants, vient dénaturer le marché Jean-Talon et ça enlève nos stationnements, et ça, la Ville n’a pas le droit de le faire », soutient-il.

Lino Birri mentionne aussi que la centaine de membres du marché Jean-Talon souhaite avoir plus de stationnements pour leurs clients qui doivent transporter de grosses commandes ou se déplacer en région métropolitaine de Montréal.

« On perd des clients, d’autres se plaignent de plus en plus qu’ils ne vont plus revenir parce que le marché n’est plus accessible en voiture à cause de la construction ou parce qu’il n’y a plus de stationnements disponibles. Oui, il y a de la place dans les stationnements souterrains, mais il n’y a pas d’ascenseurs, c’est donc inaccessible pour les personnes âgées par exemple », commente M. Birri.

Aucune annulation prévue

François William Croteau, maire de Rosemont–La Petite-Patrie, a assuré au « 24 Heures » que son administration ne fera pas volte-face par rapport à ce projet pilote.

« Ça fait trois ans qu’il y a un projet de place publique à cet endroit. Il y a eu des consultations menées tout au long de l’année 2017. Tout le monde était invité, il y a même eu 14 consultations publiques qui ont été menées, tout le monde pouvait s’y présenter », explique M. Croteau.

Ce dernier mentionne avoir rencontré à deux reprises Lino Birri pour discuter de ce projet. Le maire de Rosemont–La Petite-Patrie ajoute que même les Marchés Publics de Montréal, qui gèrent le Marché Jean-Talon, ont donné leur aval au projet.

« Les représentants des marchands considèrent donc qu’on a fait un travail adéquat dans ce dossier s’ils ont accepté le projet. On est sensible aux opinions des marchands qui demandent le statu quo, mais le projet est là pour rester. »