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Voici un récapitulatif des événements survenus lors de la grève illégale des grutiers

Voici un récapitulatif des événements survenus lors de la grève illégale des grutiers
Photo Joël Lemay, Agence QMI

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Les grutiers étaient de retour sur les chantiers mardi, mettant fin à une semaine de grève illégale. De l’intimidation, un refus d’obtempérer à une ordonnance, des déclarations chocs : ce sept jours de débrayage a été rempli de rebondissements. Voici un récapitulatif des événements :

Le plus gros chantier du Québec paralysé 

Le 14 juin, les grutiers du chantier du nouveau pont Champlain cessent d’opérer leur machinerie. Quatre jours plus tard, le 18 juin, la situation s’étend à l’ensemble du Québec. Plusieurs chantiers sont neutralisés par ce mouvement de protestations.

Les grutiers manifestent contre de nouvelles règles entrées en vigueur le 14 mai. Elles permettent entre autres le recours à des travailleurs qui n’ont pas obtenu leur diplôme d’études professionnelles de grutier.

D’après ces nouvelles règles, des personnes qui ne sont pas grutiers peuvent également manœuvrer des camions-flèches de 30 tonnes et moins.

Menaces sur les chantiers

Les débuts de la grève illégale ne se font pas sans heurt. Des sources syndicales rapportent au Journal que des travailleurs ont porté plainte aux autorités et aux associations patronales, après avoir vécu de l’intimidation. «Des grutiers [...] ont reçu des visites suffisamment convaincantes pour décider de quitter le travail», a confirmé en point de presse la chef des relations publiques de la Commission de la construction du Québec (CCQ), Mélanie Malenfant.

Le 19 juin, on apprend que la seule entreprise qui a déployé une grue sur le chantier de l’échangeur Turcot le 9 juin a été visée par un incendie criminel quelques heures plus tard. À ce moment, les grutiers ne débrayaient pas illégalement, mais faisaient plutôt la grève des heures supplémentaires.

La même journée, le premier ministre Philippe Couillard demande aux grutiers de retourner au travail, sans quoi il entrevoit d’imposer des conséquences. La ministre du Travail Dominique Vien avait lancé le même message la veille.

Se battre «jusqu'à la mort»

Le bureau d’enquête révèle le 19 juin que les deux anciens hommes forts de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis et Richard Goyette, jouent un rôle de premier plan dans les revendications des grutiers.

Deux jours plus tard, Jocelyn Dupuis, qui a par ailleurs purgé une peine de prison pour avoir fraudé ses membres, fait une sortie médiatique très remarquée. «Je vais me battre jusqu’à la mort pour mon métier de grutier», a-t-il lancé en marge d’une manifestation organisée devant la CCQ.

La justice s'en mêle

Le 21 juin, le Tribunal administratif du travail ordonne aux grutiers de retourner sur les chantiers du Québec dès vendredi. La décision est saluée par la CCQ qui avait réclamé la fin de la grève illégale.

Les centrales qui représentent les deux syndicats de grutiers visés par l’ordonnance du tribunal lancent un message clair à ses membres : conformez-vous au jugement et cessez la grève.

Malgré l'ordonnace, pas de retour au travail

Le message ne semble pas se rendre aux oreilles de grutiers qui continuent de débrayer illégalement le vendredi 22 juin. Des inspecteurs de la CCQ visitent les chantiers et constatent effectivement l’absence des travailleurs.

Fin de la grève illégale

Lundi, le 25 juin, le directeur du plus important syndicat des grutiers au Québec demande à ses membres de retourner sur les chantiers le lendemain matin en raison de l’ordonnance du tribunal. Cette fois-ci, le message est bel et bien entendu par les grutiers du Québec.

La grève illégale est maintenant terminée, mais les grutiers risquent d’en subir les conséquences. La présidente de la CCQ, Diane Lemieux, a d’ailleurs mentionné le 21 juin que plus de 150 accusations pour grève illégale seront déposées très rapidement. «Ça, c’est juste pour les deux premiers jours de grève. Faites une règle de trois», a-t-elle affirmé la veille entrevue à LCN.