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Le maire trouve les dangers de l’amiante «exagérés»

Les résidus toxiques des mines ne sont plus utilisés, selon lui

<b>Marc-Alexandre Brousseau</b></br>
<i>Maire</i>
Photo courtoisie Marc-Alexandre Brousseau
Maire

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Le maire de Thetford Mines trouve « exagérés » les risques présentés par la santé publique concernant l’exposition à l’amiante. Et il soutient que les résidus des mines ne sont plus utilisés depuis quatre ans.

« On sort du vieux stock d’il y a cinq ans, alors que la Santé publique sait que ça a changé », dénonce le maire Marc-Alexandre Brousseau, en réponse au reportage du Journal publié mercredi.

Le reportage indiquait que Québec sait depuis quelques années que les résidus des mines d’amiante sont contaminés, mais laisse les entrepreneurs et la Ville les utiliser sans aucune protection.

Quelque 800 tonnes de résidus toxiques ont été laissées par les compagnies minières et utilisées par la ville de Thetford Mines. Une situation que le maire Marc-Alexandre Brousseau trouve exagérée.
Photo courtoisie
Quelque 800 tonnes de résidus toxiques ont été laissées par les compagnies minières et utilisées par la ville de Thetford Mines. Une situation que le maire Marc-Alexandre Brousseau trouve exagérée.

Sous les maisons

Ces montagnes de roches contaminées ont été utilisées comme remblais pour le solage des maisons et en dessous de l’asphalte, par exemple. L’Association de santé publique du Québec (ASPQ) s’inquiétait grandement de cette situation.

Même si les résidus ne sont plus utilisés, selon le maire, cela n’empêche pas les travailleurs d’être exposés à l’amiante lorsque des travaux d’excavation sont effectués dans la ville, par exemple, note Simon Lévesque, responsable de la santé et de la sécurité à la FTQ-Construction.

Mettre ses culottes

« Je ne veux pas attaquer la région. Ce que je souhaite, c’est qu’il y ait de vraies bonnes mesures qui soient prises, que le gouvernement mette ses culottes et resserre la norme », insiste-t-il.

La norme d’exposition à l’amiante chrysotile en vigueur au Québec est 100 fois supérieure à celle qui prévaut en France et 10 fois plus que la majorité des autres provinces canadiennes.

Selon la Dre Louise Soulière, vice-présidente de l’ASPQ, les dangers sont bien réels. Toutes les formes d’amiante sont considérées comme cancérigènes par l’Organisation mondiale de la santé.

Le maire considère cependant ces craintes comme « exagérées ».

« Si c’était vrai, ce que dit la santé publique, il n’y aurait personne de vivant à Thetford », soutient-il.

Sur les 145 décès de travailleurs exposés à l’amiante en 2017, 16 seulement étaient des mineurs, selon le rapport de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.

« Je suis d’accord avec l’exploitation des [sables miniers], mais pas au prix de vies humaines », souligne Louise Soulière.