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Première sous haute surveillance

Une femme et un manifestant se disputent à propos de la pièce de théâtre.
Photo Agence QMI, Dario Ayala Une femme et un manifestant se disputent à propos de la pièce de théâtre.

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Première médiatique sous haute surveillance policière mercredi soir au Théâtre du Nouveau Monde. Mais au final, le nombre de voitures du SPVM a largement dépassé le nombre de manifestants.

Plus d’une dizaine d’autos-patrouilles étaient postées aux abords de l’enceinte montréalaise avant la présentation de SLĀV, un spectacle mis en scène par Robert Lepage et mettant en vedette Betty Bonifassi, articulé autour de chants d’esclaves afro-américains. La veille, une centaine de personnes s’étaient déplacées pour décrier l’œuvre, qu’elles qualifient d’exemple d’appropriation culturelle. Mercredi soir, elles étaient une demi-douzaine, postées en retrait, munies de feuilles de papier sur lesquelles elles avaient retranscrit des messages comme « White artists, time to listen » (« Artistes blancs, le temps est venu d’écouter »).

« Ma province me déçoit »

Hormis une ou deux discussions enflammées entre manifestants et spectateurs, la soirée s’est déroulée calmement. « Il y a un problème de racisme et d’éducation au Québec », a déclaré Fanny, une mère de famille blanche de 40 ans, au terme d’un échange musclé avec une détentrice de billet.

Quant aux spectateurs, tous ceux que nous avons interrogés s’étaient déplacés sans hésiter, malgré les tensions observées la veille. « C’est ridicule, a observé Jocelyne. On est coupable d’être blanc et d’écouter des chansons. On ne peut plus rien dire ! »

Menaces de mort

Une poignée de personnalités connues ont assisté au spectacle présenté à l’occasion du Festival international de jazz de Montréal. En entrevue, Herby Moreau a rejeté l’argument d’appropriation culturelle des manifestants. « Tout le monde a le droit de participer au devoir de mémoire de l’esclavage, a déclaré l’animateur. Je suis sûr que Betty Bonifassi et Robert Lepage ont fait ce spectacle avec cœur. »

L’organisateur du rassemblement, Lucas Charlie Rose, a indiqué avoir reçu des menaces de mort sur Facebook mercredi.