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Une histoire tout feu tout flammes

La fille qui brûle<br />
Claire Messud<br />
Aux Éditions Gallimard,  256 pages
Photo courtoisie La fille qui brûle
Claire Messud
Aux Éditions Gallimard, 256 pages

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Porté par une écriture à la fois fluide et juste, ce roman d’apprentissage qui a réussi à nous enflammer revient sur nos années les plus dures : celles qu’on s’est empressé de quitter pour entrer dans l’adolescence.

C’est à la maternelle, autour du bac à sable, que Julia – alias Juju – et Cassie se sont rencontrées. Et très vite, elles deviendront les meilleures amies du monde, passant tous leurs temps libres l’une avec l’autre ou l’une chez l’autre, même si elles sont totalement différentes. Juju est une grande brune dont les parents ne sont jamais bien loin – son père dentiste a ouvert un cabinet à 30 mètres de leur cuisine alors que sa mère, qui est journaliste pigiste, travaille de la maison – et Cassie, aussi blonde que menue, n’a toujours eu que sa mère pour l’élever, son père ayant été victime d’un accident 11 mois après sa naissance.

À Royston, petite ville du Massachusetts située à un jet de pierre d’Ipswich, il n’y a cependant pas grand-chose à faire durant les grandes vacances et, l’été de leurs 12 ans, Juju et Cassie décideront d’aller jouer en cachette dans l’ancien asile psychiatrique du coin, un vaste bâtiment perdu au fond des bois, abandonné depuis 1993. Malgré les panneaux qui en interdisent l’accès, elles s’amuseront ainsi follement en découvrant à quel point il peut être jouissif d’enfreindre les règles quand personne ne le sait.

Un passage complexe

À la rentrée des classes, Cassie ne sera donc plus tout à fait la même. Après avoir changé de style vestimentaire, elle se choisira ensuite de nouveaux amis, et Juju finira par être mise définitivement sur la touche. Une page particulièrement noire de sa courte vie, sur laquelle elle reviendra deux ans plus tard avec ce livre, qui raconte avec finesse pourquoi le passage de l’enfance à l’adolescence peut parfois être aussi difficile.

 

À LIRE AUSSI CETTE SEMAINE

L’appât

Daniel Cole<br> 
aux Éditions Robert Laffont, 496 pages
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Daniel Cole
aux Éditions Robert Laffont, 496 pages

C’est la suite du désormais célèbre Ragdoll, un bouquin qui a réussi à faire frémir d’angoisse des centaines de milliers de lecteurs. On y retrouvera donc Emily Baxter, maintenant inspectrice principale, et... plein de nouveaux meurtres ! Car des deux côtés de l’Atlantique, de très macabres scènes de crime commencent à se multiplier, des cadavres étant retrouvés avec les mots « Appât » ou « Marionnette » gravés sur la poitrine. Un thriller qui ne nous laisse pas une seule seconde de répit !

Des hommes sans femmes

Haruki Murakami<br>
aux Éditions 10/18, 288 pages
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Haruki Murakami
aux Éditions 10/18, 288 pages

Dans ce recueil de nouvelles maintenant offert en format de poche, le grand écrivain japonais Haruki Murakami met en scène sept hommes qui, à un moment ou à un autre de leur vie, ont tous perdu une femme qu’ils aimaient profondément. Notre histoire préférée ? Celle de cet acteur vieillissant cherchant désespérément à comprendre pourquoi, de son vivant, son épouse le trompait aussi souvent...

L’intelligence des plantes

Fleur Daugey<br> 
aux Éditions Ulmer, 160 pages
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Fleur Daugey
aux Éditions Ulmer, 160 pages

Des plantes intelligentes capables de ressentir certaines choses et de communiquer entre elles ? Depuis quelques années, c’est un sujet dont on entend de plus en plus parler, et même le bédéiste Zep y a récemment fait référence dans l’album The End. Cet ouvrage fascinant – qu’on devrait tous s’empresser de lire avant notre prochaine rando en forêt ! – nous explique exactement ce qu’il en est.

La thérapie de la valise

Marta Perego<br> 
aux Éditions Michel Lafon, 320 pages
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Marta Perego
aux Éditions Michel Lafon, 320 pages

Qui dit vacances, dit forcément valise ! Et, quel que soit le modèle utilisé (énorme, semi-rigide, sur roulettes, jaune canari, griffé, ultraléger, avec pochettes, etc.), il en révèle beaucoup plus qu’on ne le pense sur notre personnalité. Ce livre rempli d’humour se charge d’ailleurs assez vite de nous le prouver... avant de nous montrer une fois pour toutes comment mieux préparer nos bagages !

 

Frissons garantis

Passage des ombres

Passage des Ombres<br>
Arnaldur Indridason<br>
Aux Éditions Métailié, 304 pages
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Passage des Ombres
Arnaldur Indridason
Aux Éditions Métailié, 304 pages

L’an dernier, on s’est régalé en lisant les deux premiers tomes de la Trilogie des ombres (Dans l’ombre et La femme de l’ombre), ces livres nous transportant en Islande pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle a tour à tour été occupée par l’armée britannique et par l’armée américaine. Avec ce troisième et dernier tome, on retrouvera donc de temps en temps Flovent, le seul flic de Reykjavik (tous les autres ont été envoyés au combat !) et Thorson, le militaire d’origine islandaise qui lui sert occasionnellement d’équipier, le gros de l’intrigue se déroulant cette fois 65 ans plus tard.

Tout récemment, un paisible vieillard de 90 ans a en effet été assassiné chez lui. Reste à savoir qui a bien pu vouloir éliminer un homme aussi âgé, et, en fouillant son appartement dans l’espoir de trouver une piste, les policiers tomberont sur trois coupures de journaux jaunies relatant le meurtre d’une jeune fille qui, en 1944, a été retrouvée étranglée à l’arrière du Théâtre national.

Alors qu’il vient de prendre sa retraite, l’ex-inspecteur Konrad souhaitera ainsi enquêter sur cette affaire. Non seulement parce qu’il a grandi à deux pas de ce théâtre, mais parce que cette histoire a hanté sa jeunesse, son père y ayant jadis été intimement mêlé...

Un vrai bon polar de facture classique qui peut être apprécié sans avoir lu les précédents opus.