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Pas d’emplois menacés dans les alumineries du Québec

Le secteur primaire en solide posture malgré les tarifs douaniers de Trump

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Tandis que les producteurs d’aciers de l’Ontario renoncent à des investissements et procèdent à des mises à pied en raison des surtaxes imposées par l’administration Trump, la situation est toute autre pour les alumineries du Québec.

Un mois après l’imposition par Washington de tarifs sur les importations canadiennes d’acier (25 %) et d’aluminium (10 %), les industries accusent le coup bien différemment les unes des autres.

Sean Donnelly, le PDG d’ArcelorMittal Dofasco, le plus important producteur d’acier au pays, a affirmé mardi devant un comité parlementaire que l’entreprise envisage d’annuler un investissement prévu de 750 millions $ et de mettre à pied 1000 travailleurs si les mesures américaines perdurent.

D’autres entreprises sont montées au créneau pour affirmer les torts « irréparables » causés par les mesures punitives de l’administration Trump sur l’industrie de l’acier, urgeant Ottawa d’agir.

« On n’est pas du tout dans des scénarios de mises à pied en ce moment », dit Jean Simard, le président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada. L’industrie compte près de 10 000 emplois directs dans le domaine de la production d’aluminium primaire.

Jean Simard<br>
<i>PDG, Association de l’aluminium du Canada</i>
Photo courtoisie
Jean Simard
PDG, Association de l’aluminium du Canada

À pleine cadence

« La réalité, c’est que nos clients américains ont toujours besoin de la production canadienne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Nos usines tournent 365 jours par an », ajoute-t-il.

Chez Rio Tinto aussi on écarte carrément les mises à pied.

En février, l’entreprise a confirmé des investissements de 250 millions $ pour lancer un projet de modernisation de l’usine Vaudreuil, au Saguenay.

Les tarifs ne changent rien au projet, a assuré la porte-parole Claudine Gagnon en entrevue. « On va de l’avant. »

La situation n’est pas rose partout pour autant. Contrairement aux joueurs du secteur primaire que sont Rio Tinto, Alcoa et Alouette, les petits transformateurs québécois sont, eux, déjà affectés par ces surtaxes et certains ont déjà procédé à des mises à pied.

Les transformateurs

On s’attend à ce qu’Ottawa présente son plan d’aide pour ces deux industries au cours des prochains jours.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland doit aussi révéler avant la fête du Canada la liste finale de produits importés des États-Unis qui feront l’objet de surtaxes.

Le Québec accueille 9 alumineries qui sont responsables de la production de près de 90 % de l’aluminium canadien, ce qui place le Canada au 4e rang mondial en termes de production primaire.