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Visite à Washington: Stephen Harper accusé de nuire aux efforts canadiens

Visite à Washington: Stephen Harper accusé de nuire aux efforts canadiens
Photo d'archives

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OTTAWA | En plein conflit commercial avec les États-Unis, l’ancien premier ministre Stephen Harper s’est fait accuser de nuire à la cause canadienne, jeudi, en planifiant une visite à la Maison-Blanche sans aviser le gouvernement Trudeau.

«M. Harper devrait se joindre à Équipe Canada dans ce dossier, pas de surprises et pas de “visites secrètes”», a écrit sur Twitter l’ancien chef libéral, Bob Rae.

L’élu néodémocrate Charlie Angus a été encore plus cinglant.

«Stephen Harper n’est pas premier ministre. Il a perdu. Fin de l’histoire. Le Canada compose avec un Donald Trump de plus en plus déséquilibré et doit travailler ensemble pour défendre nos industries. Les frasques de Harper à Washington ne sont pas les bienvenues», a-t-il lancé sur le réseau social.

À Washington en catimini

L’ancien premier ministre conservateur doit se rendre à la Maison-Blanche lundi prochain pour une rencontre avec le conseiller national à la sécurité, John Bolton, a rapporté CTV News mercredi soir.

Selon le réseau anglophone, le bureau du premier ministre Justin Trudeau n’a toutefois pas été avisé de cette rencontre, tout comme l’ambassade canadienne à Washington ou le ministère des Affaires étrangères.

Des sources gouvernementales ont confirmé ces informations jeudi. Le bureau du premier ministre, lui, n’a pas voulu commenter l’affaire.

«M. Harper est un citoyen privé maintenant», a réagi le ministre des Transports, Marc Garneau, en conférence de presse à Montréal, rappelant néanmoins que le gouvernement appelait les intervenants canadiens à parler d’une seule voix depuis le début des tensions avec les États-Unis.

Agenda inconnu

La rencontre entre M. Harper et le haut-placé de l’administration Trump surviendra au lendemain de l'entrée en vigueur des tarifs douaniers décrétés par Ottawa en guise de représailles aux surtaxes de 25 % sur l'acier et de 10 % sur l'aluminium par les États-Unis.

Toutefois, le motif de la rencontre reste inconnu. Ni le bureau de l’ex-premier ministre ni plusieurs anciens proches collaborateurs n’ont fourni de détails.

Il est «surprenant» que M. Harper se rende à Washington sans aviser de représentant canadien, a commenté le directeur de l’Institut québécois des hautes études internationales, Louis Bélanger. En revanche, «il peut contribuer positivement s’il fait entendre à Washington une voix qui est considérée davantage sympathique aux politiques de l’administration Trump», a observé le professeur de science politique à l’Université Laval.

Même son de cloche du côté de l’ex-ambassadeur canadien aux États-Unis, Raymond Chrétien. Stephen Harper «pourrait apporter une dose de compréhension additionnelle auprès des décideurs de la Maison-Blanche sur ce qui motive le Canada, sur ce qui enrage ces jours-ci les Canadiens», a-t-il analysé.

M. Harper a donné son avis sur les relations canado-américaines à quelques reprises, ces dernières semaines. Il a notamment soutenu en entrevue avec Fox News que le président Trump se trompe de cible en s'attaquant au Canada dans le domaine du commerce.

Défendu par sa famille politique

Malgré le mystère entourant le déplacement à Washington, plusieurs conservateurs ont défendu leur ancien chef.

«Si cela peut aider dans les négociations de l’ALENA, nous devrions tous être content [sic] de cela. Si l’on se fit [sic] aux résultats actuels, notre PM a besoin d’aide rapidement pour tisser des liens avec l’administration américaine», a écrit sur Twitter le député Alain Rayes, ajoutant que M. Harper n’avait de comptes à rendre.

De son côté, sa collègue Lisa Raitt a rappelé que l’ex-premier ministre libéral Jean Chrétien avait pris le gouvernement Harper par surprise en 2015 en rencontrant le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, un an après l’annexion de la Crimée.

Le bureau du chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, n’a pas souhaité commenter la nouvelle.