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Le vieux pont Mercier sera reconstruit en 2023

Le ministre des Transports a annoncé la nouvelle à des maires de la Rive-Sud

GEN-Congestion sur le pont Honor� Mercier
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Pont Mercier

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La plus vieille portion du pont Mercier, érigée il y a 85 ans, sera finalement reconstruite en 2023, a promis hier le ministre des Transports après plusieurs jours de congestion intense en raison de travaux.

« Cette structure doit être refaite et l’échéancier est d’environ cinq ans. C’est ce que prévoient nos équipes », a affirmé hier le ministre des Transports André Fortin.

Son ministère est responsable de la portion de l’ouvrage qui enjambe le fleuve Saint-Laurent. Cette section est en fait composée de deux ponts construits respectivement en 1933 et 1961.

C’est la structure la plus ancienne qui cause tant de maux de tête au ministère et aux automobilistes depuis quelques années. On savait depuis l’an dernier qu’elle serait reconstruite, mais aucun échéancier n’avait été avancé jusqu’ici.

Ce n’est qu’hier que le ministre Fortin, présent à une rencontre avec les élus locaux, a confirmé une date au Journal.

Le ministre précise que l’horizon de 2023 respecte « l’ordre naturel des choses ».

« Les travaux dans le tunnel La Fontaine débuteront après ceux du pont Champlain et ils dureront quelques années. La reconstruction du pont Mercier suivra », a ajouté M. Fortin.

Lumière au bout du pont

Cette annonce est une lueur d’espoir pour plusieurs, dont le maire de Châteauguay Pierre-Paul Routhier.

« Chaque année, on pensait que le pont était remis à neuf, mais ce n’était pas le cas », a-t-il commenté.

L’autre portion du pont Mercier, composée des approches du côté de la RiveSud et au-dessus de la voie maritime du Saint-Laurent, appartient au gouvernement fédéral.

La section fédérale a subi une cure de jeunesse complète depuis 2010, en collaboration avec un consortium de travailleurs mohawks, notamment.

Fermeture d’urgence

Du côté provincial, la situation est plus complexe. Des expertises ont forcé une fermeture d’urgence de la plus vieille structure à l’été 2011 en raison de la corrosion avancée.

Cette découverte a également poussé le ministère des Transports à annuler la rénovation prévue du tablier du pont, qui n’était plus adéquate pour assurer la survie à long terme de ce lien névralgique entre Montréal et Kahnawake.

Après que Québec eut hésité pendant des années entre rénovation et reconstruction, le ministre et député de Châteauguay Pierre Moreau a annoncé au printemps 2017 que le pont serait reconstruit, sans préciser quand.

Désormais, on sait qu’il faudra encore patienter cinq ans. Le ministère des Transports prévoit déjà d’autres travaux l’été prochain.

Bientôt fini les poids lourds aux heures de pointe

Les poids lourds seront interdits en heure de pointe sur le pont Mercier à compter de mardi prochain, a annoncé hier le ministre des Transports, qui reconnaît que son ministère aurait pu prendre ce genre de mesures plus tôt.

La situation des usagers devrait s’améliorer grâce à une série de mesures qui sera mise en œuvre dans les prochains jours pour réduire la congestion liée à la fermeture jusqu’au 20 août d’une voie dans chaque direction du pont.

Ces mesures ont été prises lors d’une rencontre organisée à Châteauguay et à laquelle des maires de la région, ainsi que des représentants du ministère des Transports, de la société EXO (ex-RTM) et du conseil de bande de Kahnawake ont participé.

Signe que l’enjeu est important, le ministre Fortin a fait une apparition surprise à cette rencontre.

« Interdire les poids lourds, c’est un peu embêtant, mais il faut le faire, parce que les camions représentent de 5 à 8 % de l’achalandage sur le pont en période de pointe », indique le maire de Châteauguay, Pierre-Paul Routhier.

En contrepartie, les camionneurs pourront emprunter gratuitement à ces heures-là le pont de l’autoroute 30.

En temps normal, le passage au péage coûte environ 15 $ pour un camion de 53 pieds.

« Je trouve la mesure sévère et je ne crois pas que ça réglera le problème, déclare Marc Cadieux, président de l’Association du camionnage du Québec. La gratuité de l’A-30, nous la demandons depuis longtemps, mais ça ne couvrira pas tous les frais de kilométrage supplémentaires. »

Improvisation

Comme l’ont fait les maires la semaine dernière, M. Cadieux déplore également le manque de préparation du Ministère.

Le ministre Fortin a d’ailleurs reconnu hier que la communication avait été défaillante dans le dossier du pont Mercier.

« Les pratiques du Ministère et de Mobilité Montréal sont trop bureaucratiques », dit-il.

Autre organisme pris de court, l’Autorité régionale de transport métropolitaine (ARTM) a fait savoir hier qu’elle n’était pas en mesure de dire si elle serait capable d’offrir gratuitement le transport en commun aux résidents de la région, comme les maires de la Rive-Sud le demandent.