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Le Québec perd le contrôle de l’ambitieux projet de la C Series

La pression est grande sur Airbus pour décrocher de nouvelles commandes

Pierre Beaudoin, président du conseil d’administration de Bombardier, Tom Enders, PDG d’Airbus, Alain Bellemare, PDG de Bombardier et Fabrice Bregier, chef des opérations d’Airbus, lors de l’annonce de la cession du programme d’avions C Series à Airbus.
Photo d’archives, REUTERS Pierre Beaudoin, président du conseil d’administration de Bombardier, Tom Enders, PDG d’Airbus, Alain Bellemare, PDG de Bombardier et Fabrice Bregier, chef des opérations d’Airbus, lors de l’annonce de la cession du programme d’avions C Series à Airbus.

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Ça y est : le Québec perdra demain le contrôle du plus grand projet d’innovation technologique jamais mené sur son territoire.

Le géant européen Airbus prend les commandes de la C Series, le programme d’avions dans lequel Bombardier a injecté au moins 9 milliards de dollars canadiens. L’ambitieux projet de créer un tout nouvel appareil de 100 à 150 places avait été lancé officiellement il y a dix ans au salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre.

La part de Québec fond

Airbus ne versera pas un sou pour acquérir sa participation de 50,01 % dans la C Series. Bombardier, qui conservera une part de 34 %, devra même débourser jusqu’à 1,2 G$ dans le programme d’ici la fin de 2021, notamment pour construire une nouvelle ligne d’assemblage pour la C Series dans une usine d’Airbus, en Alabama.

Avec l’arrivée d’Airbus et les apports de fonds de Bombardier, la participation du gouvernement du Québec dans le programme a fondu, passant de 49,5 à 16 %. En 2016, Québec a pourtant versé 1,3 milliard $ à Bombardier, qui frôlait alors la faillite, pour l’aider à financer l’entrée en service de la C Series et à éponger les pertes liées au lancement de la production.

Il est impossible de connaître la valeur réelle de cet investissement à l’heure actuelle, la vérificatrice générale du Québec ayant été incapable d’obtenir tous les renseignements nécessaires de la part du gouvernement, de Bombardier et d’Airbus.

Québec fait le pari qu’Airbus réussira là où Bombardier a échoué, c’est-à-dire dans la commercialisation et le contrôle des coûts de la C Series. Plusieurs spécialistes soutiennent que sans Airbus, le programme était condamné à court ou moyen terme, ce qui aurait entraîné la perte d’au moins 1500 emplois au Québec.

Nouvelles commandes ?

Les analystes s’attendent à ce qu’Airbus annonce rapidement de nouvelles commandes, question de montrer que la C Series a le vent dans les voiles. Le salon de Farnborough, le plus important de l’année, aura lieu du 16 au 22 juillet.

« Le nouveau chef des ventes d’Airbus Avions commerciaux, Eric Schulz, voudra certainement faire sensation à son premier Farnborough », note Scott Hamilton de Leeham News and Comment.

Entre-temps, Bombardier tiendra mercredi, à l’usine de la C Series à Mirabel, une « célébration » pour souligner le transfert à Airbus. Puis, le 10 juillet, Airbus organisera un événement médiatique à son siège de Toulouse, en France, au cours duquel on devrait rebaptiser A210 et A230 les deux appareils de la C Series, actuellement connus sous les noms CS100 et CS300.

Quelques faits sur les avions C Series

  • Lancement : juillet 2008
  • Certification : décembre 2015
  • Entrée en service : juillet 2016
  • Investissements : 9 G$

Modèles

CS100

108 à 130 places

Prix : 80 M$ US

CS300

130 à 160 places

Prix : 90 M$ US


Principales caractéristiques

  • Moteurs PurePower de Pratt & Whitney moins énergivores et plus silencieux
  • Aérodynamisme avancé
  • Hublots surdimensionnés
  • Sièges du milieu plus larges

Nombre total d’appareils commandés et livrés depuis juin 2016 : 402


Transporteurs qui exploitent actuellement des avions C Series

Swiss

22 en service, 8 en commande

Air Baltic

9 en service, 41 en commande

Korean Air

5 en service, 5 en commande


Plus importants clients

  • Delta Air Lines : 75 appareils
  • Air Baltic : 50 appareils
  • Air Canada : 45 appareils

Principaux concurrents

  • Embraer E-Jet E2
  • Airbus A319neo
  • Boeing 737 MAX 7