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Un médicament lui aurait fait vivre deux ans d’enfer

Un citoyen poursuit une compagnie pharmaceutique pour près de 350 000 $

Wadie Jaafar avoue avoir vécu des années difficiles à la suite des problèmes que lui aurait causés le médicament Remicade.
Photo Alex Drouin Wadie Jaafar avoue avoir vécu des années difficiles à la suite des problèmes que lui aurait causés le médicament Remicade.

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Un homme de Magog poursuit une compagnie pharmaceutique pour un peu moins de 350 000 $ après avoir vécu des années d’enfer en raison d’effets indésirables dont il prétend ne pas avoir été informé.

Wadie Jaafar, 50 ans, a reçu un diagnostic de la maladie de Crohn en 2009, et les médecins lui ont prescrit du Remicade, un médicament de la compagnie Janssen, une filiale de Johnson et Johnson.

Il a commencé à prendre ce médicament en septembre 2009 jusqu’en avril 2015. À ce moment, il a fait une vasculite, qui lui a causé des plaques rouges très douloureuses sur son corps, principalement sur ses jambes et ses pieds.

Après une hospitalisation de trois jours à Montréal, en juillet 2015, en raison d’une aggravation des plaies, il a été en arrêt de travail quelques jours. Ses plaies étaient tellement douloureuses et apparentes qu’il a aussi été invalide au travail du 13 juillet 2015 au 24 mars 2017.

Pendant ces 21 mois, il a tenté quelques retours progressifs, mais en vain.

Dans sa poursuite, M. Jaafar tient responsable la compagnie de tous les dommages qu’il a subis puisqu’aucune explication ne lui a été fournie quant aux risques associés à la prise de la médication lorsque ce dernier est entré en contact à quelques reprises avec Janssen.

Toujours selon la poursuite, les médecins de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ont soupçonné l’apparition d’une vasculite causée par le Remicade. Les services d’urgence de ce même hôpital ont eu le même constat, en plus de la Dre Nadine Sauvé du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, qui a aussi émis cette hypothèse, liant les problèmes de peau au médicament.

Des années difficiles

Wadie Jaafar avoue avoir vécu des années difficiles à la suite des problèmes que lui aurait causés le médicament Remicade.
Photo Alex Drouin
Wadie Jaafar avoue avoir vécu des années difficiles à la suite des problèmes que lui aurait causés le médicament Remicade.

« En déposant cette demande, mon but est d’aider les gens et que personne ne vive ce que j’ai vécu ces dernières années », a fait savoir celui qui a encore des plaques apparentes sur ses jambes.

Au cours des dernières années, il a vécu beaucoup d’angoisse, de stress et d’anxiété liés à sa situation médicale. Sa situation financière est devenue précaire à la suite de ses nombreuses absences à son travail au service à la clientèle, au gouvernement provincial.

M. Jaafar est père de six enfants. Comble de malchance, le cadet a été atteint de leucémie lymphoïde à l’âge de 10 mois, en février 2017, et le père a dû demander un congé sans solde pour s’occuper de lui. Heureusement, le gamin est maintenant en rémission.

La compagnie reconnaît

À l’été 2015, M. Jaafar a contacté la compagnie pharmaceutique à plus d’une reprise pour connaître les effets indésirables du médicament et a finalement reçu une lettre de Janssen, le 6 novembre 2015, dans laquelle il était écrit que « les médicaments peuvent procurer des bienfaits à de nombreuses personnes ; toutefois, ils présentent un risque d’effets indésirables et peuvent potentiellement s’avérer nocifs pour certains patients dans certains cas ».

Une autre lettre, celle-ci du 31 mars 2016, mentionnait que « les médicaments présentent tous un risque d’événements indésirables et peuvent potentiellement s’avérer nocifs pour certains patients dans certains cas ».

M. Jaafar réclame 200 000 $ pour les pertes non pécuniaires telles que le stress. Environ 125 000 $ pour les pertes de salaire de juillet 2015 à aujourd’hui et 20 000 $ pour préjudice esthétique puisque les plaques sont encore très visibles sur son corps.