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L'antifascisme devenu fasciste

L'antifascisme devenu fasciste
Dario Ayala / Agence QMI

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Lorsqu’une bande d’individus prétend vouloir combattre le fascisme en s’employant à limiter la liberté d’expression des groupes pensant différemment du sien, nous pouvons y voir un sérieux manque de cohérence et une forme plus vile du fascisme qui verse dans l’autoritarisme pour prétendument défendre les droits humains. La dictature de la bonne pensée ne saurait constituer un substitut valable aux débats démocratiques.

Comme le rapporte le Journal, des membres de groupes identitaires de droite, la Meute et Storm Alliance, s’étaient donnés rendez-vous dans le centre-ville de Montréal pour manifester contre l’immigration illégale et inciter le gouvernement fédéral à prendre les mesures adéquates pour assurer l’étanchéité des frontières. Très vite ils se sont retrouvés encerclés par des contre-manifestants se réclamant du mouvement antifascisme qui les chahutaient à qui mieux mieux cachés derrière leur cagoule en les accusant d'être raciste et en prônant la disparition des frontières. La présence policière a fort probablement empêché la situation de dégénérer et d’assister à des actes de violence et de vandalisme observés dans d’autres manifestations précédentes.

Le comportement des antifascistes me laisse de plus en plus perplexe d’une manifestation à l’autre. Pendant qu’ils font preuve d’arrogance et de violence dans le désordre le plus complet, les groupes qualifiés de droite font montre de retenue et de discipline en reconnaissant le droit de tous à exprimer leurs opinions. Il fallait entendre les porte-parole de la Meute dans les reportages exposer un point de vue aux apparences équilibrées en ouvrant les portes à une immigration légale et en s’objectant aux passages clandestins de migrants à la frontière. Ils ne manifestaient aucune insulte à l’égard des antifascistes et au contraire ils leur reconnaissaient le droit en démocratie d’exposer un point de vue différent du leur.

La problématique soulevée par ces vagues massives de migrants est planétaire et ne comporte pas de solutions simples. L’absence de compassion pour la misère que ces gens transportent et leur désir de trouver un monde meilleur ne ferait que refléter un sérieux manque d’humanisme. En contre-partie, le laisser faire avec des frontières de plus en plus poreuses ne peut qu’entrainer de graves problèmes sociaux sans compter les appréhensions sécuritaires. Après s’être sérieusement embourbé, le gouvernement Trudeau a graduellement redressé la situation et devrait éventuellement faire preuve de plus de célérité dans ses demandes d’asile et retourner chez eux plus rapidement les faux réfugiés.

C’est ainsi que des manifestations comme celle d’hier perdent de leur sens alors que des groupes poursuivent des objectifs en voie d’être atteints d’une part ou complètement irréalistes d’autre part. Les groupes de droite exacerbent inutilement les craintes à l’égard de l’immigration et affectent l’harmonie du vivre ensemble. Quant aux antifascistes, leur comportement démesuré donne une visibilité accrue à ces groupuscules de droite qui seraient probablement ignorés de la sphère médiatique s’il n’y avait pas d’opposants pour faire du grabuge. Un peu d’intelligence stratégique pour ces derniers serait bienvenue.

Chose certaine, ce n’est pas en devenant plus fasciste que les prétendus fascistes, qu’on devient un antifasciste!