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Libre-échange: le géant chinois suscite des craintes, montre un sondage

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OTTAWA | Alors que le Canada mène depuis deux ans des discussions exploratoires sur un accord de libre-échange avec la Chine, une étude obtenue par l'Agence QMI montre que le géant asiatique suscite son lot d’inquiétudes au sein de la population.

Selon un sondage mené l’automne dernier par le Bureau du conseil privé, les principaux arguments contre une entente avec l’Empire du Milieu portent sur les droits de la personne et les lois en matière de travail.

Pas moins de 64 % des répondants croient que le Canada ne devrait pas conclure d’accord avec les pays qui ont un mauvais bilan en matière de droits de la personne. Une même proportion estime que «les lois du travail laxistes de la Chine lui confèrent un avantage injuste envers les entreprises canadiennes», note l’étude.

Parmi les autres préoccupations suivent les «lois environnementales laxistes» (58 %), des produits qui ne répondent pas aux normes de sécurité canadiennes (49 %), la sous-traitance d’emplois canadiens en Chine (47 %) et l’achat d’entreprises canadiennes par des entreprises chinoises (45 %).

«Le Canada fait face à de nombreux défis. Les politiques chinoises ne sont pas nécessairement faciles à accepter, et elles ne vont pas non plus changer dans un avenir immédiat», a commenté le professeur de l’Université McGill, Armand de Mestral.

De ce point de vue, l’expert en droit du commerce international s’étonne de l’appui élevé au libre-échange avec la Chine au sein de la population générale. Malgré les réticences, 79 % des citoyens sondés se sont dit en faveur d’une entente avec la Chine.

Cette proportion donne un mandat fort au gouvernement dans les discussions exploratoires entamées en 2016 avec le régime chinois, selon M. De Mestral.

Le coup de sonde du bureau du conseil privé a été réalisé par téléphone auprès de 2000 personnes, du 27 octobre au 12 novembre 2017, peu de temps avant le voyage du premier ministre canadien en Chine.

Justin Trudeau n’avait pas réussi à y faire débloquer les pourparlers sur le libre-échange. Un point de presse conjoint avec son homologue, Li Keqiang, avait même été annulé.

Le gouvernement Trudeau souhaite un accord progressiste, avec des chapitres sur l’environnement et l’égalité des genres, ce à quoi la Chine ne semble pas prête à s’engager.

Alors que le Canada et les États-Unis se livrent une guerre tarifaire et que la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain piétine, le gouvernement canadien invoque souvent la nécessité de s’ouvrir sur de nouveaux marchés dans ses relations commerciales.

Autres faits saillants du sondage

  • 86 % des Canadiens considèrent que la Chine jouera «un rôle majeur dans l’économie mondiale de l’avenir», loin devant l’Union européenne (72 %), le Japon (69 %) ou l’Inde (58 %). À ce chapitre, la Chine arrive au 1er rang en importance, devant les États-Unis.
  • Malgré les inquiétudes quant aux droits de la personne, 74 % des répondants croient que l’économie chinoise est «trop importante pour être ignorée»
  • La Chine arrive au 7e rang des priorités pour la conclusion d’un accord de libre-échange. Les répondants sont plus favorables à des ententes avec l’Union européenne (91 %), le Royaume-Uni (90 %), les États-Unis (89 %), l’Australie (89 %), le Japon (88 %) et le Mexique (87 %).
  • 49 % des Canadiens jugent que les droits de la personne en Chine s’amélioreraient si une entente de libre-échange survenait entre les deux pays