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100 000 bouteilles d’eau dans les organismes pour itinérants

Ces personnes sont vulnérables autant aux grands froids qu’à la chaleur extrême

La vague de chaleur historique incite ces passants à se couvrir sur le Chemin Côte-des-Neiges, à Montréal. 
Photo Chantal Poirier La vague de chaleur historique incite ces passants à se couvrir sur le Chemin Côte-des-Neiges, à Montréal. 

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La vague de chaleur historique fait craindre le pire aux ressources pour sans-abri de Montréal qui redoublent d’efforts pour assurer leur sécurité, alors que le nombre de décès au Québec grimpe rapidement.

Au moins 21 personnes auraient perdu la vie dans les derniers jours en raison de la canicule, dont 12 à Montréal selon le plus récent bilan de la Direction de la santé publique. Cinq autres décès sont répertoriés en Estrie, deux en Montérégie, un à Laval et un autre en Mauricie.

Comme pour les périodes de grands froids, les organismes qui viennent en aide aux sans-abri sont sur le qui-vive.

Le défi du froid

« C’est un défi de convaincre les gens d’aller à l’air conditionné, mentionne Émilie Fortier, de la Mission Old Brewery. On fait des miracles pour les plus vulnérables. »

« Nous sommes en état d’alerte, affirme aussi Sam Watts, le PDG de la Mission Bon Accueil. Toutes les ressources sont en contact constant et on redouble de vigilance. »

Ils ont tous tiré des leçons de la dernière grande canicule en 2010. À Montréal, 106 morts possiblement liés à la chaleur avaient alors été signalés, dont au moins une dizaine étaient des personnes en situation d’itinérance.

Selon M. Watts, les préparatifs pour faire face à la situation s’étaient amorcés dès l’hiver dernier.

Ainsi, plus de 100 000 bouteilles d’eau ont été emmagasinées par les organismes pour être distribuées aux plus démunis. Les heures d’ouverture de lieux climatisés comme les cafétérias des deux missions ont aussi été prolongées.

« Humainement, on doit également faire preuve de créativité pour leur trouver de l’hébergement. Mais on ne peut pas les forcer », ajoute Mme Fortier.

Les différents refuges montréalais sont au maximum de leur capacité pratiquement 12 mois par année. Dès qu’une place se libère, même temporairement, les plus fragiles sont référés.

Navette

Sam Watts, Mission Bon  Accueil
Photo Axel Marchand-Lamothe
Sam Watts, Mission Bon Accueil

« Il faut être vigilant. On peut avoir une certaine crainte si on voit quelqu’un couché sur un banc de parc, mais il ne faut pas hésiter à alerter le 811 », souligne M. Watts.

Dans la navette de la Mission Old Brewery avec laquelle Le Journal s’est déplacé mercredi, une dizaine d’usagers profitaient d’un déplacement entre les différentes ressources pour se rafraîchir à l’air climatisé.

Sylvain Pigeon, le chauffeur, et Yolette Jean, intervenante, distribuaient de l’eau ainsi que des collations.

« C’est cliché, mais le fait que nous sommes en début de mois, ils sentent moins le besoin de faire appel à nos services », déplorait Mme Jean.

Pendant toute la journée, ils prendront des nouvelles de leurs passagers tout en s’assurant qu’ils ont un endroit sécuritaire pour dormir.

Records battus mercredi pour un 4 juillet

Montréal

33,5 °C

précédent record : 33,1 °C en 1983

Val-d’Or

31,2 °C

précédent record : 29,9 °C en 1983

Gatineau

34,7 °C

précédent record : 34,4 °C en 1955

Trois-Rivières

33,7 °C

précédent record : 31,6 °C en 2002

Sherbrooke

31,6 °C

précédent record : 28,9 °C en 2005