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Le Québec un kilomètre à la fois

Samuel Lalande-Markon et David Désilets feront la traversée du Québec, de Montréal à Kuujjuaq, à vélo et en canot, en solo et en duo.
Photo courtoisie Samuel Lalande-Markon et David Désilets feront la traversée du Québec, de Montréal à Kuujjuaq, à vélo et en canot, en solo et en duo.

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Samuel Lalande-Markon, 32 ans, et David Désilets, 29 ans, feront la traversée du Québec, de Montréal à Kuujjuaq, à vélo et en canot, en solo et en duo. Le premier coup de pédale se fait ce matin.

Lorsque son ancien collègue de classe de baccalauréat en musique l’a invité à se joindre à lui dans cette aventure, David Désilets a jonglé avec l’idée pendant quelques semaines.

« En fait, je me demandais comment j’allais pouvoir refuser poliment, raconte le Montréalais de 29 ans. Le projet était très ambitieux, trop. Ma vie était déjà très remplie, trop. Les fameuses barrières personnelles qu’on a tous... »

David venait pourtant de suivre avec envie l’expédition de canot Ikivuq, dans le nord du Québec. Sa feuille de route ne trahit pas non plus une propension à l’inertie. À 17 ans, il traversait

l’Espagne à pied sur les Chemins de Compostelle, et dans la dernière décennie, il avait voyagé de par le monde, s’installant même quelques mois en Asie.

« On doute toujours », pense David. Mais au lieu de figer, celui-ci – et Samuel – s’est outillé : des heures de lecture sur la cartographie, les rivières, etc., une formation de sauvetage en eau vive, une autre sur la technique en eau vive, puis celle sur le secourisme en région éloignée, et même un cours en ligne sur la nordicité du Québec.

« Le plus difficile, c’est de prendre la décision. Après, on ne revient plus en arrière, et toute l’énergie se mobilise pour que ça fonctionne », dit David.

« Moi, quand j’ai de quoi en tête, je suis pogné avec ça. Je dois amener le projet à terme », témoigne Samuel Lalande-Markon.

Les deux visages d’une aventure

Ils s’en vont tous deux dans la même direction : franc nord (plus ou moins), jusqu’à Kuujjuaq. Mais autant leur approche que leur parcours sont à deux pôles opposés.

Ils se rejoignent dans ce projet, métaphoriquement et physiquement. Samuel part seul, ce matin.

« Je ne fais pas du cyclotourisme », précise celui qui se définit d’abord comme un sportif d’aventure. Le Rosemontois a déjà traversé à vélo le Canada (8329 km en 47 jours) et les États-Unis (7255 km en 42 jours sur un terrain difficile, notamment à travers les Rocheuses du Colorado et le désert du Nevada). Dans le cadre de la Transtaïga, il attaquera 2000 km en 10 jours, soit une moyenne de 200 km par jour, jour après jour.

« Je peux rouler 12, 13, 14 heures par jour, dit Samuel. Je ne fais que rouler. C’est cette simplicité que je recherche. » Aujourd’hui, il est parti du Vieux-Montréal et il n’arrêtera qu’à Mont-Laurier ce soir. Il cheminera comme ça, en parfaite autonomie, jusqu’à ce que la route s’arrête. Ce n’est qu’alors qu’il retrouvera son compagnon d’aventure et poursuivra sa route vers Kuujjuaq sur l’eau, en canot.

Du défi physique au défi logistique

Cette deuxième étape comprend 580 kilomètres à franchir en 20 jours, dans une progression qui impliquera énormément de navigation et une bonne dose d’improvisation, alors que les deux amis devront gérer sur le terrain différentes surprises, notamment celles liées au niveau de l’eau de chaque tronçon. Il n’est plus question que de pédaler.

« C’est là qu’on se complète bien, dit David. Samuel a tendance à dire go, puis à foncer, et moi, je suis plus du genre à analyser la situation, à aller vérifier si le rapide est franchissable avant de s’y lancer, par exemple. »

« Se pousser physiquement à ce point, comme j’ai tendance à le faire, serait dangereux à ce stade-ci de l’aventure », concède Samuel.

Cette aventure, ni l’un ni l’autre ne l’auraient faite... sans l’autre. Ils l’ont construite à leur image. Et les regarder aller donne l’impression qu’il y a autant d’aventures que d’aventuriers.

« Je crois que l’élan pour l’aventure est naturel. C’est en soi ! » pense Samuel.

Et celui-ci serait peut-être aujourd’hui plus fort que jamais, alors qu’on s’épuise et s’étourdit dans un quotidien trop branché au numérique.

« En aventure, on est hyper focus d’une façon très intense. Pour moi, ce ne sont pas tant les découvertes qui m’inspirent que cette exploration intérieure », confie Samuel. Plus secret, David parle d’essentielles « parenthèses » au quotidien, avant de s’animer en partageant le plaisir qu’ils auront à raconter en images, en mots... et peut-être même en musique !

La Transtaïga en chiffres

Samuel Lalande-Markon et David Désilets feront la traversée du Québec, de Montréal à Kuujjuaq, à vélo et en canot, en solo et en duo.
Photo courtoisie

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Vivre une aventure « chez soi » et découvrir un territoire rarement exploré

Pour suivre l’aventure : www.samuelmarkon.com/expedition-transtaiga/ et www.facebook.com/expeditiontranstaiga/