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10 observations sur la Coupe du monde

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Photo AFP Vladimir Poutine

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L’été permet aux chroniqueurs d’aborder des sujets plus légers. Vous connaissez aussi ma passion déraisonnable pour le soccer.

Voici 10 commentaires sur la Coupe du monde, maintenant qu’il ne reste plus que huit nations sur les 210 qui ont entamé le tournoi.

  1. L’arbitrage est d’une qualité inédite. Il n’y a eu aucune décision absolument scandaleuse et, surtout, aucune décision erronée n’a fait basculer l’issue d’un match.
  2. L’utilisation de la reprise vidéo est un succès retentissant. On y a recours seulement dans des situations précises. Le temps pris pour consulter les images et trancher a été radicalement réduit. Les sceptiques ont été confondus.
  3. La simulation théâtrale se poursuit, mais la présence de caméras innombrables fait maintenant que le simulateur se ridiculise devant le monde entier. Comprenons toutefois que la simulation ne trouve pas son explication dans une supposée « moumounerie », mais dans le but d’obtenir un coup franc bien placé ou un carton jaune. Dans un sport où peu de buts se marquent, ce coup franc peut devenir crucial. Le théâtre est moins fréquent en zone défensive.
  4. Les « petites » nations sont de plus en plus coriaces. Deux explications : a) la qualité des entraîneurs et de la préparation ; b) beaucoup de joueurs évoluent dans des ligues très relevées à l’étranger, où ils s’améliorent radicalement.
  5. Le hockey n’est joué sérieusement que dans une dizaine de pays. Le soccer se pratique dans tous les pays du monde. Conséquence : d’excellents joueurs inconnus avant le début du tournoi se révèlent. Au plan salarial, il y a des aubaines en vitrine pour l’Impact et les clubs de la MLS.
  6. En théorie, il y a deux manières de construire une équipe : vous adoptez un style et choisissez les joueurs qui peuvent le pratiquer, ou bien vous choisissez le style en fonction des caractéristiques de vos joueurs. La deuxième école de pensée, le pragmatisme, est ultra-dominante. Seule exception notable : l’Espagne.
  7. L’un des charmes du soccer est qu’il n’y a pas de rapport entre la démographie d’un pays et son succès. Voyez l’Uruguay (3,4 millions d’habitants) et la Croatie (4,2 millions). Quelqu’un a-t-il aperçu la Chine ou l’Inde ?
  8. Quand on compare la qualité du jeu à ce que j’ai vu récemment de l’équipe canadienne, l’écart est immense et ne se réduit pas. Le Canada progresse, mais les autres aussi.
  9. Encore une fois, le gagnant ne sera pas une équipe qui aura survolé le tournoi. Tous les gagnants antérieurs ont été des équipes qui ont souffert, montré leur résilience et monté en puissance au fil des matchs.
  10. Vladimir Poutine voulait un énorme coup de publicité et de propagande pour son pays et son régime. Jusqu’ici, c’est totalement réussi.