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Chicoutimi : aux hurluberlus qui ont voté conservateur

Chicoutimi : aux hurluberlus qui ont voté conservateur
Photo Agence QMI, Marc Grandmaison

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Je ne peux pas trouver d’explications logiques au fait que les électeurs de Chicoutimi aient élu un candidat conservateur, Richard Martel, à la dernière partielle tenue le 18 juin dernier. Ça me dépasse. C’est carrément de la servitude volontaire. À moins de faire partie de la caste économique supérieure, quiconque le moindrement renseigné ne voterait jamais pour le Parti conservateur, qui relève de la grosse droite. Complètement insensé de voter de la sorte pour des gens de la classe moyenne, les moins riches et les gens âgés. Aie, les vieux, vous ne vous souvenez pas que ce sont les conservateurs à Ottawa qui ont relevé de 65 à 67 ans l’âge d’admissibilité aux pensions de vieillesse, ramené à 65 ans par Justin Trudeau? Ça fait pourtant juste quelques années de ça. Il y en a qui ont la mémoire courte!

Le CELI à 10 000 $ par année, pour qui?

En 2015, ça fait juste trois ans, le Parti conservateur alors au pouvoir à Ottawa a doublé le plafond des cotisations annuelles du CELI à 10 000 $, un abri fiscal réservé aux nantis. Cette petite mesure aurait privé, dans quelques décennies, le fédéral de 15 milliards $ en impôts sur le revenu chaque année et les provinces de 9 milliards $. Je suppose que ce sont les représentants de la classe moyenne qui chaque année contribuent à l’abri de l’impôt 26 000 $ dans leur REER et 10 000 $ dans leur CELI? Bravo à Justin Trudeau d’avoir ramené à 5000 $ le plafond du CELI. Tout le monde le disait que cette politique fiscale pondue par les conservateurs était inéquitable, même Jean-Denis Fréchette, alors directeur parlementaire du budget : « CELI. À l’abri de l’impôt, mais pas des critiques. Un programme coûteux qui profitera surtout aux riches, dit le directeur parlementaire du budget » (Le Devoir, 25 février 2015). Comme PLQ et PC ou Stephen Harper et Philippe Couillard c’est du pareil au même, naturellement que le banquier Carlos Leitao avait trouvé l’idée géniale : « CELI : Québec emboîte le pas à Ottawa. Le plafond des cotisations passe à 10 000 $ » (Le Devoir, 19 juin 2015). Au Québec, l’austérité c’est pour les autres. Il faut servir honorablement ceux qui nous financent et qui nous embauchent.

L’indécence de l’ex-ministre conservateur des Finances

À celles et ceux qui s’interrogeaient avec raison de ces énormes manques à gagner fiscaux, s’élevant à 15 milliards $ l’an au fédéral, sur le maintien de nos programmes sociaux et sur le coût fiscal pour les jeunes, le très futé Joe Oliver, ex-ministre conservateur des Finances, avait candidement répliqué cette perle de petitesse : « Que la prochaine génération règle le problème. Le ministre des Finances, Joe Oliver, ne semble pas se soucier des impacts à long terme de la nouvelle limite de contribution à un CELI » (Le Devoir, 23 avril 2015). C’est ça tout craché le Parti conservateur. Et vous avez voté pour ça? Tiens, pour vous récompenser d’avoir voté pour eux, Andrew Scheer, l’actuel chef de ce parti politique, pourrait, comme il en traîne beaucoup dans leurs entrepôts, ressortir plusieurs belles grosses toiles de la reine d’Angleterre que les conservateurs mettaient partout, de l’Assemblée nationale aux ambassades à l’étranger, et vous les offrir gens de Chicoutimi. Des œuvres d’art que vous pourrez fièrement afficher dans votre salon, à l’aréna ou à l’hôtel de ville. Et en plus, le PC est, comme les ultraconservateurs et les évangéliques aux States, farouchement opposé à l’avortement. Allô libre choix pour les femmes!

Une autre mesure « progressiste » des conservateurs

« Ottawa va de l’avant avec le fractionnement de revenus » (La Presse, 31 octobre 2014). Une petite mesure fiscale réservée au gratin économique qui aurait privé le fisc de « seulement » 2.2 milliards $ par année afin de satisfaire une poignée d’individus. Je suppose que vous, de la classe moyenne à Chicoutimi, vous aimez ce genre de politique fiscale et que vous aimez faire plaisir et rendre hommage à l’élite financière? Ah ben, une autre vache sacrée réservée uniquement aux gras dur que nous dit de nouveau Jean-Denis Fréchette : « Un choix politique d’une équité douteuse. Le fractionnement du revenu ne sera accessible qu’à une minorité de contribuables et privera le Trésor fédéral de 2.2 milliards $, explique le directeur parlementaire du budget ». Devant cette réalité incontournable : « Impact fiscal du fractionnement du revenu. Le ministre Oliver refuse de publier une analyse » (La Presse, 28 mars 2014). On le comprend de cacher les faits afin de mieux brouiller les gens!

Le Parti conservateur et Israël

Même Stephen Harper n’avait osé déplacer l’ambassade canadienne en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, mais votre nouveau gentil chef, Andrew Scheer, le ferait au même titre que Donald Trump et à l’encontre de l’opinion mondiale : « Jérusalem. Le PCC reconnaîtrait la capitale d’Israël » (Le Journal de Montréal, 27 février 2018). Tout simplement merveilleux aussi le fait de blâmer le médecin canadien Tarek Loubani, qui soignait des blessés à la bande de Gaza, d’avoir été tiré à bout portant par des soldats israéliens : « Pour les conservateurs, le médecin à Gaza est responsable de son sort » (Le Devoir, 24 mai 2018). Israël peut bien bafouer régulièrement les lois internationales en envahissant la Cisjordanie et en faisant de la bande de Gaza une énorme prison de Palestiniens à ciel ouvert, pour les conservateurs, Israël a toujours raison. Même que, avis aux intéressés : « Critiquer Israël est antisémite, selon Stephen Harper » (Le Journal de Montréal, 21 janvier 2014). Ayoye, j’ai mal à mon pays! Et vous à Chicoutimi? Vous avez voté pour ça? Même que poussant plus loin la désinvolture, le Parti conservateur voulait accroitre son aide à la Cisjordanie afin que : « Ottawa veut éduquer les jeunes Palestiniens (à aimer leur voisin juif) » (Le Devoir, 17 janvier 2014). Bah, au moins le Parti conservateur du Canada avait reçu les félicitations de l’ex-dirigeante du Tea Party aux États-Unis : « Sarah Palin fait l’éloge de Harper... elle salue l’appui “exemplaire” du Canada à Israël » (La Presse, 23 janvier 2014).

Le parti du peuple?

Avant l’élection d’Andrew Scheer, la cheffe conservateur intérimaire était nulle autre de l’ex-ministre Rona Ambrose, une très sympathique dame qui a passé, en 2017, ses vacances sur le yacht, qui n’a rien d’une chaloupe, de Murray Edwards, un monsieur qui a de gros intérêts dans les sables bitumineux en Alberta : « Ambrose sur le yacht d’un milliardaire » (Le Journal de Montréal, 5 février 2017). Non, braves gens de Chicoutimi, pas nécessaire d’inviter Rona ou Andrew à faire une promenade en pédalo sur le lac St-Jean. Ils préfèrent les gros bateaux qui se promènent dans les Caraïbes. Ils veulent toutefois votre vote. Ah oui, en passant, mes frères et mes sœurs de Chicoutimi, c’est « votre » Parti conservateur qui a fait passer le taux d’impôt statutaire des grosses compagnies, comme Rio Tinto Alcan, de 28 % en 2000 à 15 % en 2015. Et encore mieux, votre « ami » Maxime Bernier de la Beauce voudrait ramener ce taux à zéro pour les entreprises. Vous allez me répliquer que ramener le taux légal d’impôt des sociétés à zéro, c’est une bonne affaire puisque cela va mettre fin à l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux étrangers, car le Canada en deviendra un et que de ce fait il attirera des gros investissements étrangers.

Et en vrac

En 2017, Andrew Scheer a refusé de condamner en Chambre son député Gerry Ritz pour les propos tenus à l’encontre de la ministre libérale de l’environnement Catherine Mc Kenna qu’il a affublé de « Barbie du climat » (Le Devoir, 21 septembre 2017).

Toujours en 2017, le conservateur Pierre Paul-Hus remettait en cause la gravité des sévices subis à la prison de Guantanamo par le canadien Omar Khadr. Il a dit innocemment « on parle de torture, mais c’est quoi la torture... Je ne pense qu’il y a eu de la torture comme on l’imagine » (Le Devoir, 11 juillet 2017). Sur quoi le député s’est-il basé pour faire un tel énoncé ridicule? Sur ses préjugés primaires.

En terminant, trois petites vites sur l’environnement et le Parti conservateur : « Harper a qualifié Kyoto de complot socialiste » (La presse, 31 janvier 2007). Conseil aux socialistes : si vous allez à Chicoutimi, c’est à vos propres risques et périls. Et comme Trump : « Réchauffement climatique. Stephen Harper accuse les autres pays de mentir » (Le Journal de Montréal, 10 juin 2014). Harper s’y connaît autant, comme Donald Trump d’ailleurs, en réchauffement climatique que moi en thermodynamique et en métaphysique. Et pour les conservateurs, l’ennemi qui freine le développement économique et qu’il faut abattre ce sont : « Haro sur les extrémistes écolos » (Le Devoir, 11 février 2012). À mes amis écologistes, au lieu du Saguenay, pourquoi ne pas choisir la Gaspésie pour vos vacances? Les conservateurs ne blairent pas les écolos. Et dire que l’ancien chef du Bloc québécois Michel Gauthier vient d’adhérer au Parti conservateur.