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La foudre retarde à son tour le chantier du nouveau pont Champlain

Un éclair a frappé la grue à tour samedi et interrompu une coulée de béton au pylône central

Construction pont Champlain
Photo Chantal Poirier

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Il n’y a pas que les conflits de travail qui retardent les travaux au chantier du nouveau pont Champlain. Mère Nature a aussi contrarié le constructeur samedi, quand la foudre a frappé la plus haute grue du chantier, a appris notre Bureau d’enquête.

Le gros coup de jus venu du ciel a forcé l’interruption d’une importante coulée de béton en cours au pylône principal du pont à haubans, qui sera plus haut que la tour du Stade olympique une fois terminé.

La grue n’a pu reprendre du service que mardi vers le milieu de la journée, après inspection. La construction du pylône accuse donc un retard supplémentaire de près de trois jours.

«La grue à tour a été touchée par un éclair samedi tard en soirée», confirme Annie-Claire Fournier, directrice des communications du consortium Signature sur le Saint-Laurent (SSL). Nous avons tout de suite mis en place des mesures pour assurer la qualité du béton déjà coulé et faciliter la reprise des travaux au moment opportun.»

La foudre n’a pas touché de travailleur.

La ministre rencontrera les grutiers

Pour l’instant, le constructeur du nouveau pont en a toutefois fini avec les problèmes de débrayages illégaux et de grève des heures supplémentaires sur son chantier.

Les grutiers affectés à la construction du nouveau pont Champlain ont commencé leur grève illégale dès le 14 juin, deux jours ouvrables plus tôt que leurs collègues des autres chantiers du Québec.

À l’origine du mot d’ordre de débrayage, l’Union des opérateurs de machinerie lourde, local 791g, se joindra à une rencontre annoncée entre la ministre du Travail Dominique Vien et la Fédération des travailleurs du Québec, qui chapeaute le syndicat.

Ils doivent mettre sur pied un comité de la nouvelle réglementation sur la formation des travailleurs, au cœur du conflit.

Quel retard ?

Pour l’instant, difficile de savoir exactement quel retard la grève a causé sur l’échéancier des travaux. Selon nos informations, SSL a fait parvenir au ministère responsable du chantier, Infrastructure Canada, un document établissant le retard et les frais supplémentaires qu’il lui réclame.

Le constructeur refuse toutefois de commenter cette information.

Infrastructure Canada n’a pas nié avoir reçu ce bilan des retards de SSL, mais la porte-parole Josianne Martel n’a donné aucune précision.

«Nous évaluons présentement les impacts de cette grève sur le projet avec notre partenaire privé SSL et nous serons en mesure de donner plus d’information lorsque l’analyse sera complétée.»

Ottawa a déjà annoncé en avril qu’il accorderait 235 M$ de plus à SSL, après des négociations de plusieurs mois et une poursuite de 124 M$ qu’a intentée le constructeur du nouveau pont Champlain.