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Ils transforment les toits en potagers

Ils transforment les toits en potagers
Crédit photo: MicroHabitat

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Imaginez un gratte-ciel en plein centre-ville sur lequel pousse une multitude de fruits et légumes saisonniers. Ça semble fou? C’est pourtant l’objectif de MicroHabitat, une compagnie qui révolutionne l’agriculture un toit à la fois.

Portrait d’une entreprise au pouce vert.

Un service clé en main

En finissant son bac en agriculture et en sciences de l’environnement, Alexandre Ferrari-Roy désirait faire sa marque dans l’agriculture urbaine à Montréal.

Après avoir travaillé avec Alvéole, une entreprise d’apiculture, le bachelier de McGill réalise qu’il y a un manque d’expertise et de ressources pour ceux qui voudraient se lancer dans l’agriculture urbaine.

C’est alors que MicroHabitat voit le jour.

L’idée est de remettre de la verdure dans des espaces urbains inutilisés afin de permettre aux citadins de se réapproprier leur environnement.

«On prend soin des projets de A à Z», explique Orlane Panet, cofondatrice de l’entreprise.

Orlane Panet et Alexandre Ferrari-Roy
Crédit photo: MicroHabitat
Orlane Panet et Alexandre Ferrari-Roy

Du repérage des lieux à l’entretien en passant par la sélection des types d’aliments plantés à la récolte, MicroHabitat se charge de tout.

«Au départ, on visait les restaurateurs mais on s’est vite rendu compte qu’il y avait un marché intéressant avec les entreprises et les écoles donc on a élargi notre clientèle».

Les entreprises qui désirent s’associer avec MicroHabitat financent les projets, qui eux sont gérés par le service de potager urbain.

Les usages des récoltes de fruits et légumes sont multiples. Certaines compagnies utilisent les produits fraîchement cueillis pour nourrir leurs employés via la cafétéria. D’autres les donnent à des organismes de charité.

La compagnie fait affaire avec une vingtaine d’entreprises actuellement. Selon Orlane, la clientèle double chaque année depuis sa création il y a environ trois ans.

L’éducation est également au cœur du projet. Une équipe de spécialistes fournies des ateliers éducatifs dans une dizaine d’écoles à Montréal. «C’est important pour nous de donner ce savoir aux gens pour qu’ils puissent devenir des citoyens-agriculteurs autonomes».

Changer le monde lentement mais sûrement

Ils transforment les toits en potagers
Crédit photo: MicroHabitat

Malgré son amour pour l’agriculture urbaine, la bachelière en gestion de Concordia est réaliste quant à sa portée. «Ça ne pourra jamais remplacer notre système alimentaire. Mais je pense que c’est une belle occasion pour promouvoir la consommation responsable».

L’agriculture urbaine a également son lot de défis. «On doit souvent convaincre les clients que de planter des fruits et légumes sur leur toit est bénéfique et non néfaste». Les gens seraient parfois hésitants à laisser des employés sur leur toiture par peur d’accidents selon elle.

Vient aussi l’aspect saisonnier du métier d’agriculteur. La saison s’étend de mai à novembre donc il est difficile de garder tout leur effectif 12 mois par année avoue Orlane. «On essaie tout de même de garder le plus d’employés possible en préparant la nouvelle saison, comme l’élaboration de programmes éducatifs». 

Semer sa graine vers l’Ouest

Ils transforment les toits en potagers
Crédit photo: MicroHabitat

D’ici trois ans, la jeune compagnie espère pouvoir commencer à s’établir dans d’autres grands centres urbains du pays. «On va commencer par nos voisins de l’Ouest et on verra comment ça se passe».

La quête d’une forme d’expansion à l’internationale n’est pas trop loin derrière selon la cofondatrice. «Sans nécessairement ouvrir des bureaux partout dans le monde, je crois qu’il serait très intéressant de partager notre savoir aux quatre coins du globe. Les gens pourraient adapter ces connaissances à leur réalité et peut-être qu’un réseau d’agriculteurs urbains verra le jour, qui sait». 

Pour l’instant, MicroHabitat se concentre sur ce qu’elle fait de mieux : cultiver les toits de la métropole. «Quand on est dans un milieu aussi émergent, il faut se rappeler pourquoi on fait ça. Sinon, on risque de perdre l’essence».

 

 

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