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Le radiologue du futur est à nos portes

Les 650 radiologues du Québec comme Jean Chalaoui, du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, seront bientôt forcés d’en faire plus pour s’adapter à l’adolescence techno qui secoue leur métier comme jamais auparavant.
Photo PIerre-Paul Poulin Les 650 radiologues du Québec comme Jean Chalaoui, du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, seront bientôt forcés d’en faire plus pour s’adapter à l’adolescence techno qui secoue leur métier comme jamais auparavant.

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Jean Chalaoui
71 ans | Santé (en transformation)
Années d’expérience : 41 ans 

Un pionnier de la radiologie au Québec est convaincu que l’intelligence artificielle va changer complètement sa pratique sans la tuer.

« Ce n’est pas la mort de la profession. C’est la mort d’un médium. C’est l’informatique maintenant », explique au Journal Jean Chalaoui, radiologue au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

M. Chalaoui sait de quoi il parle. Il a bien connu le prix Nobel de médecine et inventeur du scanneur, Godfrey Newbold Hounsfield. Il pratique la profession depuis plus de 40 ans.

Au Québec, c’est une référence en radiologie.

Mille images

En début de carrière, Jean Chalaoui devait analyser à la main huit images par examen. Il posait la radiographie sur la plaque lumineuse collée au mur pour la scruter à la loupe.

Mais les choses ont bien changé. Les tableaux ont été remplacés par des écrans d’ordinateur. Aujourd’hui, grâce aux outils technos, chaque test génère de 800 à 1000 images.

« Analyser 1000 images, c’est compliqué. C’est là que l’intelligence artificielle intervient », explique celui qui a informatisé le département de radiologie de l’hôpital Pierre-Boucher.

L’homme avant la machine

Mais pour M. Chalaoui, la machine ne remplacera jamais l’homme parce qu’il faudra toujours un être humain pour dire si le logiciel utilisé est bon ou non.

Par exemple, pour le scanneur du poumon, il y a des logiciels qui permettent de trouver de très petites lésions qui ne sont pas toujours malignes.

« Quand ce logiciel fonctionne, il détecte beaucoup de choses qui ne sont pas nécessairement utiles, il faut un humain pour distinguer ce qui est pertinent de ce qu’il ne l’est pas », ajoute-t-il.

En plus, il faudra aussi toujours des radiologues pour être responsable des diagnostics, ce que des robots ne peuvent pas faire.

« L’intelligence humaine va devoir s’adapter à l’intelligence artificielle, et la contrôler », résume Jean Chalaoui.

Moins de sollicitations

Même son de cloche chez le président de l’Association des radiologistes du Québec, Vincent Oliva. «

Le radiologue va dire : “Moi, je pense que c’est un cancer et qu’il va falloir que tu l’opères”. Et ça, il n’y aura jamais un ordinateur qui va pouvoir dire ça », note-t-il.

M. Oliva rappelle que les radiologues « ne sont pas juste des gens qui regardent des images ». Ce sont des médecins qui conseillent d’autres professionnels de la santé.

Selon Vincent Oliva, l’intelligence artificielle pourrait faire en sorte que les radiologues soient moins sollicités pour certains types d’intervention.

« Si on pratique une radiologie qui est strictement contemplative et qu’on ne se mouille pas, les radiologues qui pratiquent de cette façon-là, quelque part, sont un petit peu vulnérables », conclut-il.