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Plainte d’un avocat noir de Toronto contre WestJet pour profilage racial

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Selwyn Pieters, un avocat noir de Toronto, dit avoir été victime de profilage racial et criminel de la part d’employés ou représentants de WestJet à l’aéroport de Port-d’Espagne, à Trinité-et-Tobago, alors qu’il revenait d’un voyage d’affaires dans l’île caribéenne.

Dans une plainte très documentée adressée au secrétaire de l’Office des transports du Canada obtenue par l’Agence QMI, Me Pieters explique comment, le 2 juillet dernier, il a été approché et interrogé par un homme s’étant présenté comme un agent de sécurité de WestJet qui lui a expliqué qu’il avait attiré l’attention parce qu’il détenait un billet aller seulement à destination de Toronto.

«J’ai expliqué à la personne que j’étais venu à Trinité pour une affaire de cour, que je suis un avocat, que mes vols intérieurs ont été faits sur Caribbean Airlines et que je quittais [le pays] avec WestJet et qu’il n’y avait rien d’irrégulier du tout là-dedans», dit Me Pieters dans sa lettre à l’Office des transports du Canada.

Après l’interrogatoire, son passeport lui a été remis et il s’est dirigé vers le comptoir d’enregistrement où on lui a dit que la superviseure avait donné l’instruction de ne pas l’enregistrer pour son vol de retour au Canada. Il dit avoir demandé à voir la superviseure.

«Toutefois, peu de temps après, j’ai été approché et entouré par quatre Indo-Trinidadiens portant l’uniforme de la police d’État travaillant pour l’autorité aéroportuaire de Trinité-et-Tobago. La superviseure avait porté plainte à la police disant que j’avais enregistré la rencontre avec la sécurité et leur avait apparemment indiqué qu’elle voulait que mon téléphone cellulaire soit saisi, fouillé et que l’enregistrement soit effacé.»

Après discussion avec un cinquième policier, un sergent, arrivé peu après, Me Pieters s’est fait dire qu’il n’y avait pas matière pour une intervention policière. Il s’est donc dirigé vers le comptoir de Caribbean Airlines pour apprendre que cette compagnie avait un vol pour Toronto en début d’après-midi.

Ces événements se sont produits la nuit, étant donné que Selwyn Pieters était arrivé à l’avance, vers 2 h 50 pour prendre son avion à 6 h 10.

Vers 4 h 25, avant d’aller acheter un billet pour le vol de l’après-midi de Caribbean Airlines, il dit être retourné au comptoir de WestJet «et c’est à ce moment qu’on m’a permis de m’enregistrer».

Me Pieters dit que «le comportement de WestJet et de ses agents a été injuste, irresponsable, inacceptable, discriminatoire, oppressif, intimidant et en violation de ses droits en tant que passager d’une compagnie aérienne». Sa plainte réfère à huit lois, chartes et codes de réglementation canadiens et à un traité international.

Il demande donc à l’Office des transports du Canada «d’enquêter sur cette affaire, de préparer un rapport et de référer l’incident au besoin au tribunal pour d’autres mesures légales».

Me Pieters dit également qu’il demande «réparation pour atteinte à sa dignité et à sa réputation», et des excuses sincères de la part de WestJet.

L’avocat a déjà obtenu l’assurance de l’Office qu’une enquête aura lieu, ainsi que des excuses préliminaires du grand patron de WestJet, Edward Sims, en attendant une réponse plus complète après examen de sa plainte.