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Le baseball majeur dans le trouble?

Les équipes utilisent en moyenne plus de quatre lanceurs par match cette saison. C’est trop.
Photo AFP Les équipes utilisent en moyenne plus de quatre lanceurs par match cette saison. C’est trop.

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La relation est de plus en plus tendue entre l’Association des joueurs du baseball majeur et les propriétaires des 30 équipes. La situation est inquiétante.

Joueurs et proprios refusent de travailler ensemble de façon intelligente pour garder ce sport que j’adore pertinent et intéressant aux yeux de la nouvelle génération.

Les assistances sont à la baisse. Encore. La tendance n’est pas négligeable : il y a près de 6 % de moins de partisans dans les gradins des stades du baseball majeur.

Je suis conscient que la météo épouvantable du premier mois de la saison, soit en avril, a eu un effet sur la baisse des assistances, mais il y a aussi d’autres facteurs qui gardent les amateurs à l’écart.

Même moi qui mange du baseball, je me tanne de voir certaines choses et je me dis qu’avec un peu d’ouverture d’esprit du côté de l’Association des joueurs et du bureau du commissaire, on pourrait renverser la tendance.

Premièrement, il devrait y avoir un règlement contre les reconstructions, ce qu’on pourrait aussi appeler le « tanking ».

Trop d’équipes sont éliminées de la course à cette période de l’année. On peut même voir quelques clubs qui, par leurs transactions à l’entre-saison, étaient éliminés en janvier !

Peut-on blâmer les partisans des Marlins de Miami de ne pas se présenter au stade alors qu’on a échangé tous les meilleurs joueurs de l’équipe ? Reconstruire en perdant 100 matchs par saison a bien fonctionné pour les Astros de Houston (de 2011 à 2013) et pour les Cubs de Chicago (de 2011 à 2014), mais cette saison, on risque de voir six clubs perdre 100 matchs. C’est déplorable.

Trop de retraits au bâton

Il y a par ailleurs trop de retraits au bâton. Voilà un vrai problème. La saison 2018 sera la première de l’histoire du baseball majeur où les frappeurs seront retirés au bâton plus souvent qu’ils frapperont en lieu sûr.

Mes entraîneurs m’ont toujours répété : « Le baseball est un sport d’ajustements ». Ainsi, un lanceur doit instantanément modifier sa stratégie contre un frappeur lorsqu’il voit celui-ci modifier la sienne. Ce n’est plus comme ça aujourd’hui. Les joueurs ne changent pas leur approche avec deux prises ou contre les défensives spéciales.

C’est la 11e saison de suite où les frappeurs du baseball majeur établissent un record pour le plus haut total de retraits au bâton. Les frappeurs ne cherchent pas à s’ajuster. Il y a plus de retraits au bâton, par conséquent moins de balles en jeu et moins de plaisir pour les partisans.

Matchs interminables

Finalement, les matchs sont trop longs. On travaille très fort pour garder la durée des matchs sous la barre des trois heures. Il faut continuer en ce sens. Limiter les visites au monticule était un pas dans la bonne direction, mais il y a encore du chemin à faire.

On devra bientôt instaurer un nombre minimum de frappeurs qu’un releveur devra affronter. Si, par exemple, un lanceur de relève qui s’amène dans un match doit absolument affronter trois frappeurs au minimum, il y aurait moins de changements de lanceurs et plus d’action en fin de partie. Les équipes utilisent en moyenne plus de quatre lanceurs par match cette saison. C’est trop.

Le baseball est un sport merveilleux. Mais quelques-uns de ses éléments me rendent fou. On pourrait mieux faire les choses pour attirer les jeunes partisans et garder les matchs plus intéressants, mais lorsque les revenus et les salaires continuent d’être à la hausse, il est où le problème ?