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Le Brexit, pas mort mais pas fort

Bloc Brexit

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Il fait beau ! La canicule est enfin disparue pour laisser place à une chaleur agréable. La coupe du monde défraie la chronique, et continuera à le faire pour encore quelques jours. À Québec, les participants du Festival d’été profitent quotidiennement des beaux spectacles qui nous sont offerts.

Nous sommes naturellement moins portés à suivre l’actualité pendant ces belles journées ensoleillées, trop rares dans nos contrées de véritables Vikings. Il faut néanmoins éviter de perdre de vue ce qui se passe dans le monde.

La nouvelle des démissions de Boris Johnson et de David Davis du gouvernement britannique de Theresa May semble ébranler le projet de Brexit. Le premier est ministre des Affaires étrangères et le second ministre du Brexit. Il est donc clair que Mme May vient de perdre deux figures clés de son projet.

MM. Johnson et Davis étaient aussi des « purs et durs » de la cause brexitienne, n’acceptant pas le plan de compromis proposé la semaine dernière par la première ministre. L’objectif du plan était de permettre un compromis, maintenant le Royaume-Uni dans l’Union européenne seulement quant à l’industrie et l’agriculture. Le compromis règle plusieurs problèmes, permettant notamment à Londres de récupérer sa souveraineté dans plusieurs secteurs névralgiques. Insuffisant pour les tenants du « Brexit ferme », le plan de Mme May représente une rupture trop importante pour plusieurs partisans du « Brexit mou », en plus des défenseurs du Remain.

À cette situation –qui n’a rien de simple- des forces internes au Royaume-Uni s’ajoute l’attitude de l’Union européenne. Celle-ci a déjà fait savoir qu’elle refusait de négocier le plan de la première ministre, estimant que le compromis devrait laisser place à la compromission.

La raison évoquée ? Il ne peut y avoir une Europe à deux vitesses. Pourtant, le Royaume-Uni n’a jamais eu l’euro, et la Suisse a accès au marché tout en conservant la plupart de ses compétences. Il est vrai que les dirigeants européens ne brillent pas toujours par leur cohérence.

Quelle porte de sortie reste disponible à Londres ? Apprendre du Québec et de l’échec de son mouvement souverainiste. On ne rompt pas à coup de bons sentiments et en demandant gentiment la permission de le faire. Albert Camus disait que le préalable de l’indépendance était le refus de toute négociation. Je nuancerais. Pour pousser un partenaire réfractaire à accepter de négocier et à en arriver au meilleur pour les deux parties, il faut montrer son sérieux, soit sa volonté d’agir même s’il n’accepte pas de discuter. À ce stade-ci, le Brexit semble devoir passer par la rupture, sans l’accord des élites européennes si cela s’impose.