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SisterS plonge dans l’univers familial de Lhasa de Sela

Le spectacle SisterS a laissé plusieurs spectateurs sur leur faim.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Le spectacle SisterS a laissé plusieurs spectateurs sur leur faim.

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Bien qu’elles nous convient à plonger dans leur intimité avec charme et poésie, Miriam et Ayin de Sela n’atteignent pas la cible avec SisterS, leur nouvelle création. Elles ont même récolté quelques huées lors de la première médiatique du spectacle qui a eu lieu lundi soir, au Théâtre Outremont.

Pourtant, sur papier, ce voyage mis en scène par Gypsy Snider des 7 doigts de la main, une amie d’enfance de la famille, annonçait une réussite certaine. L’univers des sœurs de Sela, qui ont œuvré dans le monde du cirque durant plus de 20 ans, a tout pour fasciner.

Rappelons qu’avec leurs deux autres frangines (Sky et Lhasa, musicienne de renom qui a été emportée par un cancer, en 2010), elles ont vécu durant des années dans un autobus à bord duquel elles ont sillonné les États-Unis et le Mexique, en compagnie de leurs parents. Pour elles, le concept de « maison » a toujours été associé à la famille plutôt qu’à un lieu précis, ce qui explique peut-être le lien si spécial qui les unit.

Fable

Ce n’est donc pas un hasard si elles ont voulu créer une fable fantastique mettant en vedette deux sœurs qui, après avoir vécu une relation fusionnelle au début de leur vie, découvrent peu à peu la notion d’individualité, puis les émotions pouvant s’y greffer.

Malheureusement, le public qui n’est pas familier avec la démarche ou l’histoire des artistes pourrait se perdre dans les numéros présentés. Malgré l’apport de l’acrobate William Underwood, qui contribue à la plupart des segments acrobatiques (un numéro de mât chinois et un numéro de danse acrobatique avec Miriam), les amateurs de cirque et de danse resteront sur leur faim.

Même s’ils n’étaient pas inintéressants, la plupart des tableaux manquaient de contenu. Celui dans lequel Ayin, qui est aussi parfumeuse dans la vie, a « concocté » une fragrance que les spectateurs ont pu humer depuis leurs sièges, en est un bel exemple.

La musique

La grande réussite de ce spectacle, ce sont les mots et la musique de Lhasa, toujours magnifique et poignante. La harpiste Sarah Pagé, qui a été très proche de la musicienne, était tout simplement envoûtante, sur scène. Ses interprétations de 1001 Nights et Soon This Space Will Be Too Small nous ont touchés droit au cœur. Même chose pour les enregistrements qui nous ont permis d’entendre Lhasa chanter, mais aussi nous parler de la naissance, de la vie et de la mort, « qui n’est que le début de quelque chose d’autre », durant ce voyage.

Bien que SisterS nous ait laissé sur notre faim, nous sommes convaincus que les grands fans de Lhasa, ceux qui désirent plonger dans l’univers de la famille de Sela et dans la poésie qui la rend si unique, y trouveront leur compte.


Au Théâtre Outremont jusqu’au 21 juillet.