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Réflexions sur la censure

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On me pardonnera de revenir sur l’affaire SLAV. C’est qu’elle agit à la manière d’un révélateur sociopolitique exceptionnel.

Elle révèle l’existence d’une extrême­­­ gauche identitaire et racialiste qui veut réintroduire la race comme catégorie politique, et qui n’hésite pas à théoriser la nécessaire censure de la liberté d’expression, au nom de la sensibilité des communautés minoritaires.

SLAV

Ce qui est fascinant, dans tout cela, c’est la complaisance médiatique dont profite cette extrême gauche racialiste. On accueille favorablement ses leaders, on les traite comme des interlocuteurs normaux. La FPJQ s’est déjà demandé comment parler des groupes d’extrême droite sans être complaisante à leur égard.

Ses membres n’ont pas de tels soucis avec l’extrême gauche racialiste. On accueille ses leaders avec les honneurs, on leur demande même de nous faire la leçon, comme s’ils représentaient la conscience morale de notre société.

Comment expliquer la déférence avec laquelle on s’adresse au rappeur militant Webster, qu’on nous présente comme une autorité scientifique exceptionnelle, alors qu’il déforme l’histoire pour la soumettre à ses lubies idéologiques ?

Surtout, comment expliquer qu’un militant comme Wiel Prosper soit considéré comme un interlocuteur médiatique majeur, alors qu’il pousse au tribalisme racial et n’hésite pas à endosser ceux qui accusent Maka Kotto d’être un « nègre de service », comme l’a révélé le blogueur au Journal de Montréal Steve E. Fortin ? N’importe qui d’autre s’autorisant une telle insulte serait éjecté à jamais du débat public.

Est-ce que ceux qui multiplient les interviews avec ce personnage le questionneront sur cela ?

Comment expliquer que les « spécialistes » convoqués dans le débat public penchent à peu près tous du même côté ?

Chose certaine, les Québécois découvrent, un peu éberlués, une série de concepts farfelus au nom desquels on fait le procès de l’Occident en général, et de leur peuple en particulier. « Appropriation culturelle », « discrimination systémique », « communautés racisées », « privilège blanc », « blanchité » : ces termes qui nous viennent directement de l’extrême gauche universitaire américaine sont malheureusement représentatifs de la déliquescence idéologique d’une grande partie des sciences humaines aujourd’hui.

La fraude intellectuelle était au rendez-vous : c’est au nom du dialogue que nos racialistes ont appelé à la censure de SLAV. Ils nous disent : écoutez-nous. En fait, ils hurlent : taisez-vous, au point de se permettre d’insulter les spectateurs le soir de la première. L’appel au dialogue masque bien mal la brutalité idéologique de ceux qui accusent la société québécoise de racisme.

Racialisme

Nos racialistes réclament même un droit de veto pour décider si nous pouvons parler de la communauté qu’ils prétendent représenter. Mais qui est en droit de s’autoproclamer « représentant de la communauté noire » ?

Et qui peut avoir le culot de mettre tous les Noirs dans la même catégorie, comme s’il fallait enfermer les individus dans leur couleur de peau ? Notre société doit-elle réinventer la ségrégation au nom de la diversité ?

En d’autres temps, c’est le clergé qui réclamait le droit de trier entre les œuvres passant le test de la moralité et celles à proscrire. Aujourd’hui, des groupuscules radicalisés composés d’obsédés de la race le réclament pour eux-mêmes.

Pourquoi faudrait-il leur concéder ?