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Coûts du G7 et autres patentes sur votre bras

Heads Of State Attend G7 Meeting In Quebec - Day One
Photo AFP

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Nous mettre sur la « map »

Le « paraître » prime sur « l’être » pour les élus et autres péteux de broue. Pas grave, ce n’est pas leur argent qu’ils dépensent. C’est juste le fric des contribuables ordinaires taxés outrageusement alors que d’autres gras dur le sont si peu, comme c’est le cas pour les docteurs « incorporés », les dirigeants d’entreprises payés en actions et les compagnies avec leurs droits acquis d’utiliser leurs paradis fiscaux. Dans le fond d’eux-mêmes, c’est gens biens qui s’autoproclament bien souvent de philanthropes se disent : « payez bande d’idiots, même les pauvres, car ils ne sont peut-être pas riches, mais ils sont nombreux! ».

C’est de la pure folie! Dire que la dernière réunion (intégralement inutile qui s’est résumée encore une fois en un gros show de boucane) des dirigeants du G7 tenue au Québec va coûter au moins 600 millions de dollars aux payeurs de taxes canadiens que nous sommes. Une rencontre de seulement trois petits jours où les élus et dirigeants du G7 se sont entendus encore une fois sur des énoncés de beaux principes vertueux, mais sur absolument rien de concret comme à l’habitude : « G7 : une facture salée pour les contribuables » (TVA Nouvelles, 9 juin 2018). Que peut-on vraiment régler en trois jours très écourtés? Ça vire à du placotage, à du baratinage et à du vent. À l’échelle mondiale, quels sont vraiment l’utilité et le pouvoir du G7, qui exclut des puissances comme la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, l’Indonésie, le Pakistan, l’Iran, etc.? Le G7 c’est comparable au Sénat, au gouverneur général du Canada et au lieutenant gouverneur du Québec.

Et au Québec, c’est la politique du « bar open »

Lors de voyages d’élus québécois pour assister un peu partout dans le monde à des missions parlementaires souvent inutiles, le président de l’Assemblée nationale, le libéral Jacques Chagnon, était fier d’affirmer : « Jacques Chagnon reconnaît qu’il paie la traite aux députés. Il a dit agir ainsi lors de chaque mission parlementaire aux quatre coins du monde » (Le Journal de Montréal, 4 mai 2018). De grands crus et de copieux repas défrayés à nos politiciens. Même si c’est la population qui paie le « running bill », pas question de rendre public quoi que ce soit. Une démocratie de façade qui n’a dans les faits de démocratie que le nom.

Dominique Anglade à Turin

Toujours sur la carte de crédit des Québécois, il y a la vice-première ministre libérale du Québec, Dominique Anglade (celle qui a dit que la vente de Rona à l’américaine Lowe’s était une bonne affaire pour le Québec) et le président de la Caisse de dépôt, Michael Sabia ont assisté au début du mois de juin 2018 « à une rencontre privée du groupe Bilderberg qui rassemble l’élite (sic) occidentale jusqu’à demain à Turin » (Le Journal de Montréal, 9 juin 2018). L’article parle de « l’élite » occidentale. Élite que vous dites? Tout dépend du point de vue que l’on adopte. À propos du secret sur les échanges tenus et des personnes présentées, Dominique Anglade juge qu’il est bien qu’il en soit ainsi, et que la populace ne sache rien de la teneur de leurs tractations. Il faut leur faire confiance. Ils ont toujours à cœur l’intérêt général : « Le fait que les propos ne puissent être relatés, ça permet d’avoir des discussions franches et des réponses très franches et directes de nos interlocuteurs qu’a dit Dominique Anglade ». Félicitations pour ce beau programme du grand n’importe quoi à la vice-première ministre du Québec! Comme avec la compagnie d’assurances Allstate, on est vraiment entre bonnes mains.

Frais de logements des députés : top secret

Le libéral Pierre Paradis était logé à Québec chez sa fille dans une modeste chambre à coucher, mais il payait la totalité du loyer qu’il facturait à l’État. La commissaire à l’éthique et à la déontologie recommande à l’Assemblée nationale d’imposer à Pierre Paradis une pénalité de 24 000 dollars pour ce geste malhonnête : « Éthique : Pierre Paradis blâmé par la commissaire » (Le Devoir, 6 juin 2018). Dans un cas évident de malversation comme celui-là, pourquoi se limiter à un blâme et à une pénalité?

Et on continue de dépenser aux frais des contribuables : « Frais de logement : tous cachottiers, sauf neuf députés » (Le Journal de Québec, 25 avril 2018). S’ils sont honnêtes comme ils le prétendent, ils n’ont donc supposément rien à cacher et devraient être heureux de rendre publiques leurs comptes de dépenses, non? Et ce sont ceux-là mêmes qui font la morale au monde afin qu’ils déclarent tous leurs revenus au fisc afin qu’ils paient tous leurs impôts. Et ça vient aussi nous entretenir sur les vertus de la transparence. En passant, bravo aux neuf députés du Québec (les trois de Québec solidaire, six du Parti québécois, et oh surprise, aucun de la CAQ et du PLQ) qui ont dévoilé leur allocation de frais de logement payée par la population. Et aussi félicitations à Amir Khadir (très lourde perte pour le Québec et les gens ordinaires que son départ prochain de la vie politique) pour sa merveilleuse opinion parue dans le Journal de Montréal du 2 juin 2018. Tu vas nous manquer Amir. Une personne qui a toute mon admiration et mon respect.

Et d’autres en vrac

Voici en vrac d’autres dépenses publiques condamnables faites récemment par nos élus, comme dépenser 40 millions de dollars pour simplement faire du pont Jacques-Cartier un sapin de Noël : « Illumination du pont Jacques-Cartier : un projet aux multiples retombées, un symbole de notre audace » (Le Journal de Montréal, 16 mai 2017). Franchement, le patronat et sa suite sont tombés sur la tête en nous disant sans rire qu’illuminer le pont Jacques-Cartier constitue un projet aux multiples retombées et un geste d’audace. Comme le dit le poète : pousse, mais pousse égal. Grâce au pont qui flashe, on va vider Paris et Rome de leurs touristes!

Côté projets informatiques, délégués par l’État au privé en PPP ou en sous-traitance, ça fait que : « Ottawa dépense 6 milliards $ sans plan » (Le Journal de Montréal, 29 mai 2018). Pas d’accord, les élus savent exactement à quelles bonnes personnes et à quels groupes loyaux octroyer la manne monétaire. Tiens, tiens, parlant de la supériorité intrinsèque du privé sur le public, le fiasco de la conception du système de paye fédéral cédée au merveilleux privé a donné comme résultat : « Le système de paye Phénix a déjà coûté 423 millions $ (Radio-Canada, 23 septembre 2017). A coûté 423 millions $ à qui? Vous voulez rire un peu? Alors, lisez le titre de cette nouvelle portant sur les promesses des élus quant au fait de faire affaire aux professionnels du privé plutôt qu’à ceux du public : “Autopsie du fiasco Phénix : le fédéral comptait épargner 688 millions $” (Radio-Canada, 4 octobre 2017). Admettez que c’est rigolo!

Et pour terminer, parlons de la Cimenterie McInnis en Gaspésie de la famille Bombardier-Beaudoin (les siphonneux de fonds publics par excellence avec Bombardier et la C-Séries) qui accuse un léger excédent de dépenses dans leur business branché à la pompe de fonds publics. Pas grave, le PLQ ramasse la facture : “Cimenterie de Port-Daniel : un dépassement de coûts de 450 millions $ (La Presse, 29 juin 2016). Mais n’ayez crainte pour votre argent, Dominique Anglade a dit que c’était un très bon projet. Un projet rentable pour qui? Pourquoi madame Anglade n’a pas investi de son propre argent dans cette si formidable aventure?