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Saint-Eustache: des employés de garage soulèvent une voiture pour sauver une cycliste

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Les employés d’un garage ont tout tenté pour sauver la vie d’une cycliste victime d’un grave accident, lundi midi à Saint-Eustache, quand ils ont uni leurs forces pour soulever la voiture sous laquelle elle était coincée.

C’est la voix remplie d’émotions que Vincent Laflamme a raconté «avoir tout vu du début à la fin» de l’accident impliquant une cycliste de 25 ans heurtée par une voiture à l’intersection de la rue Lamarche et de la 25e avenue.

Celui qui travaille au garage JiffyLube avait encore les images de l’accident dans la tête mercredi lors d’une entrevue téléphonique accordée à TVANouvelles.ca.

«Ça s’est passé autour de 12 h 05. Moi je revenais de dîner, j’étais à l’extérieur de la bâtisse. Le véhicule et la cycliste arrivaient de la rue Lamarche. Le véhicule voulait tourner à droite sur la 25e avenue, et la cycliste voulait rejoindre la piste cyclable située de l’autre côté. La cycliste était dans l’angle mort», a expliqué Vincent Laflamme.

Selon lui, le véhicule a fait un arrêt «à l’américaine» en tournant alors que la cycliste n’aurait pas fait son arrêt obligatoire.

Un autre véhicule qui avait bien vu le vélo s’était quant à lui arrêté pour la laisser passer.

La conductrice de la voiture a heurté la cycliste. Possiblement paniquée, la dame au volant du véhicule Elantra au lieu de freiner, aurait tout lâché.

«Dès que le véhicule a commencé à tourner, il a "accoté" dans le vélo. Le véhicule, au lieu de continuer à tourner, a poursuivi en ligne droite et il a frappé dans un Santa Fe noir qui était arrêté», a détaillé Vincent Laflamme.

Au lieu d’appuyer sur les freins, la conductrice a appuyé sur l’accélérateur, assure Vincent Laflamme.

La cycliste a donc glissé sous la voiture et a été traînée sur plusieurs mètres.

«Le véhicule a passé par-dessus le trottoir, le vélo a glissé sous l’Elantra rouge. Le véhicule a continué sa course, a passé par-dessus la piste cyclable, a fauché un banc de parc, l’a arraché, a continué sur un terre-plein, et a terminé sa course dans un stationnement.»

Le banc de parc était coincé sous une roue et la cycliste de son côté était prise sous le véhicule, vers l’arrière.

«Elle va la tuer»

Vincent Laflamme n’a pas téléphoné au 911, Carl Olivier-Savaria, l’un de ses collègues s’en est occupé.

En voyant l’accident se produire, il a crié «elle va la tuer». Ses collègues se sont immédiatement retournés.

«Moi ainsi qu’un de mes collègues, Mathieu Cabot, on a traversé le boulevard. J’arrive en courant, ça fait 10 secondes que ça s’est produit. Premier réflexe, je me suis mis à soulever le véhicule. Mon collègue m’a regardé, il a soulevé le véhicule avec moi on a forcé. Il y a un autre de mes collègues, Isaak Pelletier, qui est arrivé pour nous aider, et trois bons Samaritains qui sont venus nous aider. On était cinq ou six.»

Dès que le véhicule a été soulevé, Vincent a vu la cycliste prendre une respiration. «Elle gémissait.»

«D’après moi, le vélo et le poids du véhicule pesaient sur ses poumons», a-t-il ajouté.

Alors qu’ils tenaient le véhicule à bout de bras, Vincent Laflamme a demandé à un autre collègue, Éric Richard, de sortir la cycliste, avant de redéposer le véhicule.

«Elle était entortillée dans son vélo, encastrée.»

État de choc

«Du moment qu’elle n’était plus sous la voiture, là je me suis reculé et mes deux genoux ont lâché. Je me suis assis dans le stationnement. Mon collègue est allé marcher plus loin et il a vomi.»

Selon Vincent, la jeune femme était consciente, elle avait les yeux ouverts.

«Elle m’a regardé et ses yeux me disaient "fais n’importe quoi, mais sors-moi de là"».

Selon lui, les pompiers et les ambulanciers ont mis au moins 10 minutes à décoincer la jeune femme de son vélo.

Graves blessures

La jeune femme a été transportée au centre de traumatologie de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, a indiqué Stéphane Maillet, de l’entreprise d’ambulances Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière.

Elle a souffert de blessures importantes, a-t-il précisé, sans être en mesure de confirmer son état de santé.

Vincent Laflamme aimerait connaître l’état de santé de la victime et surtout savoir si elle a survécu.

Il espère également que son histoire incitera les gens témoins d’accident à porter assistance aux victimes.