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Quelques craquelins

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Photo d'archives

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En tant qu’humoriste et auteur j’ai un horaire que l’on pourrait qualifier de atypique voir même un peu absurde.  Je peux faire des journées de travail de 12 heures pendant 4 jours pour ensuite en passé deux où j’ai l’impression que je n’ai rien à faire (alors qu’en réalité c’est tout le contraire).

Une chose qui reviens souvent dans ma vie c’est de rentrer tard à la maison quand je donne des spectacles en soirée. 23hr minuit 1hr du matin.

La plupart du temps je me dis que je devrais aller me coucher. Ce serait la chose raisonnable à faire étant donné que j’ai petit cadran humain de deux ans qui s’en fou de l’heure que je me suis couché, à 5hr15-30 si je suis chanceux il voudra quand même procéder au changement de couche et au service de son bol de gruau.

Malgré tout la plupart du temps je ne me couche pas tout suite. Je m’installe dans la cuisine. Petite assiette, couteau, humus et ou fromage et une boîte de craquelin. Je collationne. La maison est calme, je n’entends que le compresseur du frigo et le ronronnement de l’air climatisé, ça et les craquelins qui se brisent sous mes dents.

Petit moment de calme et de paix sous des arômes de pois chiches et de poivron grillé. Je gaspille des minutes qu’en théorie je n’ai pas. Plus je vieillis plus je prends mon temps pour faire des choses alors qu’auparavant je me débarrassais. Je n’aurais pas pris 30 minutes de mon temps pour manger quelques craquelins seul dans la cuisine quand j’avais 20 ans. J’aurais dévoré une pointe de pizza froide qui traînais dans le frigo et je serais allé me coucher. Même si à cette époque je n’avais pas de petit cadran humain dépourvus de snooze. J’avais tout le temps du monde.

Mais je vieillis et j’apprends que le temps est quelque chose qui faut apprendre à laisser aller. On ne peut pas l’attraper pour ensuite le faire ensuite congeler et le sortir au besoin. Ce serait pourtant si pratique.

Alors plusieurs soirs par semaine, je m’assoie sur mon petit banc de table, je mange de petits craquelins et je pense. Rien de trop compliqué, juste des sujets varia en mode aléatoire. Des sujets que je peux difficilement me permettre au quotidien dans mes journées de fou. Me souvenir d’un film que j’aimerais revoir ou d’un disque que j’aimerais écouter. Avoir des images d’un look douteux que j’ai déjà arboré ou me demande que sont devenus des filles que j’ai déjà fréquenté.

Je descends tranquillement la boite de breton et mon pot d’humus en me disant que je n’ai pas besoin de partir en retraite fermée ou en pèlerinage pour me retrouver.

Il faut juste accepter que le moment présent ne se manifeste que si on lui donne du temps d’exister.