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Paysagiste et vendeur de pot

Le propriétaire de Paysagiste Belle Herbe risque de perdre son condo dans cette histoire

Dominic Sollazzo
Photo courtoisie La procureure générale du Québec veut confisquer le condo de l’accusé, à LaSalle, à titre de «bien infractionnel».

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Le propriétaire de l’entreprise montréalaise Paysagiste Belle Herbe pourrait se retrouver sur la paille pour avoir vendu de la marijuana, de la cocaïne et du crystal meth dans un réseau dirigé par la mafia italienne.

Dominic Sollazzo doit non seulement faire face à de graves accusations criminelles, mais l’État veut maintenant le déposséder de son condo, où les policiers ont trouvé d’importantes quantités de stupéfiants et d’argent liquide.

L’entrepreneur de 31 ans est tombé dans les filets de la police de Mont­réal à la suite d’une opération de filature menée sur un trafiquant du secteur LaSalle.

Au printemps, l’unité d’enquête Crimes de violence Ouest avait été avisée que ce réseau était lié à l’un des mafiosi arrêtés dans l’opération antidrogue Clemenza, puis libérés de toute accusation, en 2017, parce que la GRC refusait de leur dévoiler comment elle avait intercepté leurs communications.

Trahi par sa camionnette

Le 13 mars dernier, les policiers ont d’abord vu le trafiquant prendre sa BMW et se rendre au domicile de Dominic Sollazzo, où il est entré « avec un sac à la main pour une très courte durée », relate un enquêteur dans un document judiciaire consulté par Le Journal.

Les policiers avaient à ce moment remarqué un camion lettré et identifié à Paysagiste Belle Herbe dans l’entrée de garage.

Une semaine plus tard, ils ont suivi le trafiquant jusqu’à Candiac, où il est allé rencontrer quelqu’un qui semblait l’attendre dans le stationnement d’un restaurant Tim Hortons.

Ce quelqu’un était à bord d’une camionnette blanche avec l’insigne Paysagiste Belle Herbe.

Les deux conducteurs se sont ensuite déplacés « dans une petite rue résidentielle pour effectuer une rencontre de très courte durée ».

Le 23 mars suivant, le SPVM a mené six perquisitions en lien avec ce réseau, dont l’une au domicile du paysagiste, sur la rue Louis-Joliet.

Le SPVM a saisi 56 610$ en argent liquide chez l’accusé.
Photo courtoisie
Le SPVM a saisi 56 610$ en argent liquide chez l’accusé.

Vraie pharmacie

Ils y ont saisi 225 grammes de pot, 1508 g de haschich, 246 g de cocaïne, 7 g de crystal meth, 2179 comprimés de speed, 25 buvards de LSD et une fiole de résine de cannabis.

L’un des trois fusils de calibre 12 que Dominic Sollazzo est inculpé d’avoir entreposé de façon négligente.
Photo courtoisie
L’un des trois fusils de calibre 12 que Dominic Sollazzo est inculpé d’avoir entreposé de façon négligente.

De plus, les limiers ont trouvé près de 57 000 $ en argent comptant, une machine à compter des billets de banque, deux balances électroniques ainsi que trois armes à feu — des fusils de calibre 12 — chargées et entreposées de façon négligente.

Valeur de 270 000 $

À la fin mai, la procureure générale du Québec a obtenu de la juge Lori Renée Weitzman l’émission d’une ordonnance de blocage sur la propriété de Sollazzo, en plaidant que ce dernier « gérait une partie de son commerce de stupéfiants à partir de chez lui » et que sa demeure représentait donc un « bien infractionnel ».

Advenant la culpabilité de l’accusé, cette procédure permettrait ainsi à l’État de confisquer le condo évalué à 270 400 $ au registre foncier de Montréal, puis de le revendre au profit du trésor public.

Dominic Sollazzo, qui n’a aucun antécédent judiciaire, doit revenir en cour à la fin du mois. Trois autres personnes sont également inculpées dans cette enquête.