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[PHOTOS] Lorde et Cyndi Lauper font vibrer les plaines d’Abraham au FEQ

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L’une a 21 ans et représente l’avenir de la pop. L’autre en a 65, et ses succès datent d’il y a trente ans. En unissant leurs forces, Lorde et Cyndi Lauper ont fait vibrer les plaines d’Abraham, vendredi, lors d’une pétillante soirée 100 % féminine très courue.

Ça ressemblait à un passage du flambeau. Cyndi Lauper, en première partie, émue de faire partie d’une soirée réservée aux filles, qui prouve qu’elle n’a rien perdu de son énergie. Puis Lorde qui prend le relais avec son sourire radieux, sa pop aussi accrocheuse qu’intelligente et ses pas de danse joliment atypiques, en décalage complet avec la gestuelle chorégraphiée au millimètre près des autres pop stars de la planète.

Elle était attendue la jeune Néo-zélandaise, comme l’ont démontré les cris de joie qui accueillaient chacune de ses chansons. Elle a tout fait pour se faire aimer davantage. Après des salutations en français, elle a lancé des fleurs au Festival d’été. «Ce ne sont pas tous les festivals qui sont aussi beaux», a dit Lorde, visiblement touchée par l’accueil des Québécois.

Priorité aux chansons

Accompagnée de six danseurs et deux musiciens, Lorde a chanté sur une scène plutôt dépouillée pour une vedette pop. Des draperies dorées accrochées au toit constituaient la seule touche glamour visible.

L’attention était plutôt portée sur les chansons de ses albums Pure Heroine et Melodrama, qu’elle a admirablement rendues. C’était festif dans Homemade Dynamite et à plusieurs autres endroits, intime dans une douce Liability servie après un monologue de la chanteuse et ce fut évidemment le délire quand a retenti Royals, le hit qui l’a révélée à la face du monde.

«On n’oubliera jamais ce merveilleux concert estival», a dit l’attachante chanteuse avant de soulever une dernière fois les Plaines, et d’aplomb à part de ça, au son de Green Light.

Lauper: bonbon pop

Cyndi Lauper, juste avant, c’était un bonbon pop à saveur de nostalgie des années 1980. Un retour en arrière ludique que la star de 65 ans a assuré avec une générosité et une énergie remarquables.

Arrivée sur scène dans un costume bigarré qui ne dépareillait pas de ses tenues les plus extravagantes d’époque, elle a d’abord paru saisie en voyant la foule. «Oh mon Dieu», s’est-elle exclamée, l’air incertaine.

Ça n’a pas duré. Elle a rapidement pris le contrôle de la scène. Pendant l’ouverture de I Drove All Night, elle a avisé un cameraman de ne pas la filmer en contre-plongée, a chanté la tête renversée couchée sur le dos d’un coffre et prouvé qu’elle pouvait encore tenir la note, surtout dans les ballades. C’était plus demandant pour elle dans les pièces rythmées.

Ensuite, ce fut She Bop avec ses petits cris aigus caractéristiques, ses mouvements de danse débridés et un solo de flûte. Durant la fougueuse Money Changes Everything, elle était à ce point exaltée qu’elle a terminé la chanson en rampant au sol.

Heureuse de se trouver sur une affiche toute féminine, elle a révélé que son désir de monter un spectacle 100 % féminin s’était toujours heurté au préjugé que «les femmes n’attirent pas assez de monde».

«La diversité, c’est notre force», a-t-elle martelé.

Des choristes québécoises

Dans la foule, le plaisir était savouré sans retenue, surtout que Cyndi Lauper n’a pas cherché à imposer trop de nouvelles chansons. Elle a plutôt opté pour ses vieux hits.

En une heure, on a eu droit à cinq pièces de She’s So Unusual, son album phare, dont elle a notamment tiré Time After Time, chantée à l’unisson, et Girls Just Want To Have Fun. Pour ce classique du girl power, qui a fait lever le party, Lauper a même invité les Québécoises de Milk and Bone à chanter avec elle. Les deux filles, qu’on avait vues plus tôt en prestation, n’en croyaient pas leurs yeux.

C’était définitivement la première partie la plus cool de ce FEQ.

Milk and Bone: «Comme un rêve»

«Nous sommes tellement contentes de jouer sur les Plaines et de partager la scène avec deux femmes extraordinaires. C’est comme un rêve.»

Cette opportunité d’affronter les vastes plaines d’Abraham, même si elle leur était offerte dans la case ingrate de 19h, Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne, qui forment le duo québécois Milk & Bone, en ont profité au maximum devant un public plutôt réceptif pour l’heure hâtive.

À l’aise derrière leur table à instruments qu’elles se permettaient de quitter pour aller vers la foule, les deux filles ont réussi à occuper l’espace sonore avec leur électro pop rêveuse embellie par leurs superbes harmonies vocales. Des titres comme Deception Bay, New York ou Daydream avaient la carrure de chansons de tête d’affiche.

Et puis, il y a Cyndi. C’était vraiment comme un rêve.