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Vente de Camso à Michelin: Impair de National auprès de la presse

Jean-Dominique Senard, président de Michelin
Photo AFP Jean-Dominique Senard, président de Michelin.

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La firme de relations publiques National n’a invité que trois médias nationaux à la rencontre de presse portant sur la vente de Camso à Michelin, une transaction de 1,9 G$ dont le grand gagnant a été la Caisse de dépôt.

Seuls La Presse, La Presse canadienne et le Globe and Mail ont été conviés chez National, jeudi matin, pour rencontrer les dirigeants de Michelin et de Camso.

Lorsque Le Journal a contacté National à ce sujet, une employée a assuré qu’aucun événement n’était prévu à Montréal, mais qu’une conférence de presse aurait lieu dans l’après-midi à Magog, où se trouve le siège de Camso. Devant notre insistance, National a finalement invité Le Journal à assister in extremis à la rencontre de Montréal.

« Limiter l’accès des journalistes lors d’annonces importantes qui affectent les Québécois est une forme d’atteinte à la liberté de presse », réagit Stéphane Giroux de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

Limiter la controverse ?

« C’est probablement une tentative de limiter la controverse » autour de la perte d’un fleuron, avance Colette Brin, professeure à l’Université Laval.

« Je ne trouve pas ça correct », commente Florian Sauvageau du Centre d’études sur les médias, en notant toutefois qu’il serait difficile de légiférer en cette matière.

Il fallait tout de même tenir compte du fait que le premier actionnaire de Camso est la Caisse, estime Marc-François Bernier de l’Université d’Ottawa.

« Il y a une sorte d’obligation de transparence et d’équité », rappelle-t-il.

Or, la Caisse ne trouve rien à redire. « La stratégie de communication relève des entreprises concernées, pas de la Caisse », affirme un porte-parole, Yann Langlais-Plante.

Mark Boutet, vice-président chez National, s’en tient à une brève explication.

« Des choix difficiles s’imposent en fonction de la disponibilité des porte-parole, mais cela s’inscrit dans le cours normal des choses », soutient-il.

Autre son de cloche au Fonds de solidarité FTQ, deuxième actionnaire en importance de Camso.

« Lorsque nous tenons un événement de presse, nous invitons l’ensemble des journalistes », souligne un porte-parole, Patrick McQuilken.