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Un avocat de Montréal est accusé de trafic de fentanyl

L’homme et quatre présumés complices ont été piégés par des agents doubles

GEN-4028-WELLINGTON
Photo agence QMI, Joël Lemay Samir Ouati est membre du Barreau du Québec depuis 2005. Lui et deux présumés complices habitent dans cet immeuble de la rue Wellington à Verdun, où les ambulanciers ont secouru une victime de surdose, ce qui a déclenché l’enquête de la police de Montréal.

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Un avocat de Montréal est accusé d’avoir fait partie d’un réseau de trafiquants de fentanyl, dont deux clients ont frôlé la mort, et qui vient d’être démantelé par les policiers.

Le Journal a appris que Samir Ouati, un avocat de 39 ans spécialisé en droit de l’immigration, est provisoirement détenu depuis une semaine à la prison de Rivière-des-Prairies, à la suite de cette opération du SPVM qui a mené à cinq arrestations et à la saisie d’une véritable pharmacie du marché noir, à Verdun.

Du fentanyl sur lui

Me Ouati était en possession illégale de deux timbres de fentanyl quand les enquêteurs de l’unité Crimes de violence Sud l’ont appréhendé, durant la nuit du 6 juillet.

Le fentanyl, cet opiacé synthétique 100 fois plus puissant que la morphine, a causé six décès à Montréal en 2017, parce que des trafiquants ont commencé à incorporer ce médicament dans des drogues dures, comme l’héroïne, pour décupler leurs profits.

Ouati a comparu pour répondre à quatre chefs d’accusation pour trafic et possession de fentanyl à des fins de trafic. Son enquête sur remise en liberté a été reportée à cette semaine.

Deux de ses voisins de palier dans l’immeuble où il habite sur la rue Wellington, à Verdun, Frédéric Cloutier, 39 ans, et Kim Lamarre, 38 ans, sont aussi du nombre des accusés.

Surdose dans leur immeuble

Selon nos sources, la police a ouvert son enquête après un appel 911 provenant de ce même édifice et réclamant les services d’urgence pour secourir une personne, victime d’une surdose de drogue.

La victime a survécu, mais elle aurait refusé d’incriminer ses pushers.

Par la suite, la police a dû intervenir pour un deuxième cas de surdose non mortelle dans les environs et vraisemblablement relié au même réseau.

Les enquêteurs ont finalement été en mesure d’identifier des suspects et ont décidé d’infiltrer cette organisation au moyen d’agents doubles, nous a confirmé l’inspecteur Ian Lafrenière.

Samir Ouati aurait conclu trois transactions – soit un timbre de fentanyl chaque fois – avec un agent double, soit le 22 mai, le 4 juillet, ainsi que durant la nuit de son arrestation, selon le libellé des accusations portées contre lui.

Les perquisitions chez les suspects ont mené à la saisie de 22 timbres de fentanyl et de 167 pilules de fabrication artisanale contenant cet antidouleur.

« On a réussi à enlever de la rue plusieurs doses de cette substance dangereuse avec l’aide d’informations de citoyens », a tenu à souligner le commandant Lafrenière.


♦ Ce coup de filet a aussi permis de confisquer 359 comprimés de dilaudid — un analgésique dérivé de la morphine souvent administré aux héroïnomanes — ainsi que du crystal meth, du speed, de la cocaïne, du GNB, du LSD, de la kétamine et 33 000 $ en argent liquide.

 

Atterré par son incarcération

Le procureur qui défend Samir Ouati a déclaré que son client « est atterré par les accusations » portées contre lui.

« La détention n’est pas facile à vivre pour quelqu’un qui n’est pas criminalisé, a mentionné Me Michael Morena. Nous allons évaluer le dossier. Il jouit de la présomption d’innocence, et notre priorité, c’est qu’il puisse d’abord obtenir sa liberté sous caution. »

On ignore comment l’avocat Ouati se procurait des timbres de cet opiacé synthétique, qui peut être acheté en pharmacie avec la prescription d’un médecin.

Sur le marché clandestin, on avance qu’un timbre de fentanyl peut coûter entre 100 et 400 $ en fonction de la quantité qu’il contient en microgrammes. En pharmacie, on peut obtenir une boîte de cinq timbres pour 20 $.

Au Québec, un seul avocat a déjà été condamné pour trafic de fentanyl, soit l’ex-criminaliste montréalais Luc Vaillancourt, que la Cour d’appel a récemment remis en liberté en attendant de se pencher sur son cas.

En mai dernier, le juge Jean-Pierre Dumais lui avait imposé six ans de pénitencier pour avoir transmis quatre timbres de fentanyl, du pot, du haschich et des speed à l’un de ses clients détenus, en plein palais de justice de Sorel. Le juge avait rappelé que le fentanyl était aussi devenu « un fléau » dans les prisons québécoises.

 

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