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Prison réclamée pour le « king des parcomètres »

L’ex-employé de Stationnement de Montréal aurait orchestré un vol de 297 562 $

Jean-Michel Songue saura dans un mois s’il pourra purger sa peine chez lui ou s’il passera un long séjour derrière les barreaux.
Photo d'archives Jean-Michel Songue saura dans un mois s’il pourra purger sa peine chez lui ou s’il passera un long séjour derrière les barreaux.

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La Couronne réclame deux ans de prison ferme pour un ancien col bleu de Montréal qu’on a surnommé « le king des parcomètres » après y avoir dérobé 112 000 $.

Jean-Michel Songue était considéré comme le cerveau de ce stratagème qui a permis à trois ex-employés de Stationnement de Montréal de se partager une somme totalisant 297 562 $, entre février 2012 et janvier 2013.

« Il s’agit d’un cas d’abus de confiance sur une longue durée. La détention s’impose afin de refléter la gravité des infractions commises », a plaidé la procureure de la poursuite, Émilie Robert, la semaine dernière.

Me Robert a rappelé au juge Pierre Labelle que Songue et ses complices – Richard Bellavance, 56 ans, de Terrebonne et Jocelyn Joseph Lefebvre, 50 ans, de Saint-Alexis-des-Monts – ont prémédité leur coup en se procurant « une copie » de la clé qui permettait d’ouvrir les voûtes des bornes de stationnement.

Ils préféraient les 2 $

Les larcins du trio portaient une « signature unique » : ne voler que les pièces de 2 $ parmi tout l’argent liquide que les automobilistes inséraient dans les parcomètres.

Des caméras installées dans leur véhicule de collecte ont notamment filmé Songue et Bellavance à leur insu, le 23 janvier 2013, en train de vider les coffres-forts normalement verrouillés des parcomètres, de trier la monnaie et de déposer les « ours polaires » dans des sacs personnels.

La clé contrefaite était toujours accrochée au porte-clés de Songue lors de la perquisition dont il fut la cible.

L’argent envolé

On n’a pas trouvé la moindre trace des 300 000 $ dérobés, dont 112 000 $ furent attribués à Songue en vertu du calcul d’un juricomptable basé sur les résultats de l’enquête.

Me Robert a ajouté que Songue présente des risques de récidive en raison de ses difficultés financières et de son mode de vie « désorganisé ».

Détention « à domicile »

Songue, qui fait aussi carrière musicale dans le hip-hop, avait une tout autre chanson pour le juge.

L’homme de 34 ans dont le nom d’artiste est « Lion-F » souhaite pouvoir purger sa peine chez lui, dans la communauté, pour veiller sur ses trois enfants.

Il a dit avoir été « très affecté par la médiatisation de cette histoire », ayant notamment perdu des « contrats de musique » depuis sa mise en accusation.

Il conteste les verdicts de culpabilité pour vol et recel prononcés contre lui au terme de son procès, se disant même « victime » d’un complot de son ex-employeur.


Le juge Labelle tranchera à la mi-août. Les deux complices de Songue sont aussi en attente de leur peine.