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Trains de banlieue: les clients «EXOspérés» doivent être dédommagés, selon le ministre

Trains de banlieue: les clients «EXOspérés» doivent être dédommagés, selon le ministre
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Le ministre des Transports exige des compensations pour les clients d’exo affectés par une nouvelle vague de retards perturbant la ponctualité des trains de banlieue.

À la suite d’une série d’articles du «24 Heures» par rapport aux utilisateurs de trains à bout de souffle sur la ligne de Deux-Montagnes et de Mascouche, le ministre des Transports André Fortin a demandé mardi la mise en place d’un programme de compensations.

«Nous sommes préoccupés par les retards d’exo et pour la qualité des services auxquels les usagers sont en droit de s'attendre. [...] Je demande à EXO et l’ARTM de proposer à court terme un scénario de compensations pour cette nouvelle vague de retards», a affirmé M. Fortin.

Durant la 1re semaine de juillet, 74,3 % des trains de la ligne de Deux-Montagnes ont été à l'heure. Du côté de la ligne de Mascouche, seulement 69,4 % des trains qui ont respecté l’horaire. Les trains d’exo visent pourtant une cible de ponctualité fixée à 95 %.

«Les usagers qui font le choix du transport collectif, qui paient parfois plus de 200 $ pour un laissez-passer mensuel, méritent un service de qualité qui leur permet de planifier leurs déplacements et d’être à l’heure au travail ou de retour à temps à la maison le soir. C’est le travail d’exo et on s’attend à ce qu’ils le fassent avec sérieux et diligence», a critiqué le ministre des Transports.

Exo avait décidé de dédommager ses clients en mars dernier puisque le taux moyen de ponctualité de l’ensemble de ses trains pour les mois de janvier et février se situait tout juste sous la barre des 80 %.

Répit tarifaire pour ses clients

Depuis le début des travaux du REM de la Caisse de dépôt en avril, les conséquences se font sentir pour les clients de la ligne de train Deux-Montagnes, qui sera éventuellement convertie. Les heures de pointe ont été chamboulées, des départs ont été annulés et il n’y a désormais plus de service les fins de semaine.

Dans un communiqué émis mardi en fin d’après-midi, exo affirme qu'il ne peut garantir la ponctualité sur ses lignes Deux-Montagnes et de Mascouche puisque les trains doivent circuler sur une seule voie au lieu de deux pendant les travaux du REM.

«Dans ce contexte, exo n’a plus la marge de manœuvre nécessaire pour garantir la ponctualité de ses trains sur les lignes touchées et souhaite un répit tarifaire pour ses clients pris en otage sur son propre réseau. [...] Exo comprend et partage l’impatience de ses clients et fait tout ce qui est en son pouvoir pour limiter les impacts liés au projet du REM», peut-on y lire.

Privée de ses enfants

Trains de banlieue: les clients «EXOspérés» doivent être dédommagés, selon le ministre
COURTOISIE

Magali Barré, une cliente d’exo au bout du rouleau, utilise quotidiennement la ligne de Deux-Montagnes pour aller travailler et rentrer chez elle.

«Les dirigeants d’exo s’en foutent de nous. On est vu comme des portefeuilles ou des vaches à lait qui leur donnent de l’argent et non comme des clients. On est pris dans cette situation et les clients de Deux-Montagnes se sentent pris en otage», a commenté Mme Barré, qui est mère de deux enfants en bas âge.

À force d’être confrontée aux nombreux retards des trains de banlieue, cette cliente d’exo a même envisagé à changer de métier tellement elle est exaspérée par la situation.

«Le pire, c’est qu’en bout de ligne, je ne vois pas mes enfants parce que je rentre trop tard le soir et qui sait combien de temps ça va durer avec les travaux du REM. Je sacrifie une partie de leur jeunesse à cause d’un service pourri», a-t-elle soutenu.

Grogne des clients

Plusieurs utilisateurs des trains de banlieue sont à bout de souffle au point d’avoir lancé une campagne sur les réseaux sociaux avec le mot clic #EXOspéré et #EXOspérant. Des clients ont même confié au «24 Heures» qu’ils préparent en ce moment même des manifestations dans le but de faire changer la situation.

L'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a augmenté l’ensemble de ses tarifs de quelques dollars depuis le 1er juillet, incluant celui pour les trains d’exo, ce qui n’a pas aidé à calmer la grogne des clients.