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Déraillement d’un train à Saint-Polycarpe: catastrophe évitée de peu

Le déraillement d’un train à Saint-Polycarpe est survenu à proximité d’un secteur résidentiel

Le déraillement de 22 wagons, dont des citernes de propane, de mazout et de diesel, a fait craindre le pire, lundi, à Saint-Polycarpe. Le train en perdition se dirigeait vers un secteur résidentiel d’une vingtaine de maisons situé à 1,3 km.
Photo Agence QMI, THE 4K GUY Le déraillement de 22 wagons, dont des citernes de propane, de mazout et de diesel, a fait craindre le pire, lundi, à Saint-Polycarpe. Le train en perdition se dirigeait vers un secteur résidentiel d’une vingtaine de maisons situé à 1,3 km.

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Un deuxième déraillement de train en moins d’une semaine en Montérégie ravive les inquiétudes face à l’entretien du réseau ferroviaire et au transport de matières dangereuses par rail.

« C’est sûr qu’on pense au risque de déraillement. S’il y avait eu une explosion, on y passait », affirme Claudette Séguin.

La maison qu’elle habite depuis 1968, chemin de Beaujeu, à Saint-Polycarpe, est enclavée entre les chemins de fer du Canadien Pacifique (CP) à l’ouest et de VIA Rail Canada à l’est.

Lundi soir, 22 wagons d’un train du CP qui en traînait 95 ont déraillé à environ un kilomètre à l’ouest de chez elle.

La tête du train n’était qu’à quelques mètres d’une vingtaine de résidences comme la sienne qui longent les rails.

Chanceux

Quatre citernes contenant du propane sont tombées d’un pont enjambant la rivière Delisle. L’une d’elles a été engloutie par l’eau.

En plus du propane, le convoi qui a déraillé contenait également des citernes de diesel et de mazout, selon les autorités.

Le déraillement de 22 wagons, dont des citernes de propane, de mazout et de diesel, a fait craindre le pire, lundi, à Saint-Polycarpe. Le train en perdition se dirigeait vers un secteur résidentiel d’une vingtaine de maisons situé à 1,3 km.
Photo Agence QMI, THE 4K GUY

 

« On a été très chanceux, explique Michel Bélanger, directeur du Service des incendies de Saint-Polycarpe. On s’attend toujours au pire quand on parle d’un déraillement de cette ampleur. On pense à Lac-Mégantic. »

Heureusement, il n’y a pas eu d’incendie ou d’explosion. Seule une faible fuite d’huile végétale a été enregistrée dans un secteur peu habité.

« Ça doit nous faire réaliser que l’on n’est pas à l’abri d’une autre catastrophe comme il y a cinq ans », analyse l’expert Denis Allard, président du Fonds mondial du patrimoine ferroviaire.

Hier, des dizaines de travailleurs ont été mobilisés pour dégager les voies rapidement et transvider le contenu des wagons en perdition.

« En dehors d’un écrasement d’avion, c’est pas mal la plus grosse catastrophe que l’on peut vivre », poursuit le chef pompier, Michel Bélanger.

En 30 ans de métier, c’est le premier événement de cette envergure auquel il est confronté.

Sécurité

« On voyait la poussière et les roches partout quand il s’est arrêté, raconte Sylvain Meunier, dont la résidence est à moins de 100 mètres du déraillement. C’était vraiment impressionnant. »

Il avoue se questionner au sujet des convois qui passent quatre à six fois par jour à côté de chez lui.

Denis Allard s’étonne pour sa part qu’une entreprise comme le Canadien Pacifique soit impliquée dans deux déraillements en une semaine.

Dans la nuit du 9 au 10 juillet, un autre train de la compagnie était sorti des voies, cette fois à Saint-Constant.

Il souhaite ardemment que le gouvernement fédéral, de qui relève le transport sur rails, investisse rapidement dans la réfection des infrastructures.

« Notre réseau ferroviaire demeure extrêmement désuet et non sécuritaire, affirme-t-il. Et l’industrie n’a pas toujours les moyens de renouveler son matériel roulant. »

Pourtant, le CP inspecte régulièrement ses installations dans le secteur, selon les habitants rencontrés par Le Journal. Le matin même du déraillement, une camionnette d’entretien aurait d’ailleurs parcouru le tronçon.

La compagnie ferroviaire a affirmé mener une enquête approfondie sur la ou les causes de l’accident.

 

Causes inconnues

  • Défaillance mécanique d’un wagon, bris des rails ou viaduc endommagé ?
  • Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ne voulait pas avancer d’hypothèse, hier, pour expliquer le déraillement.
  • L’enquêteur du BST, Guy Laporte, a tout de même indiqué que
  • le train circulait à 56 km/h (35 mi/h), sous la limite permise de 64 km/h.
  • Pour l’expert ferroviaire Denis Allard, le retour de l’été signifie aussi la saison des travaux de réfection sur les chemins de fer.
  • Il croit qu’une correction temporaire faite à l’hiver pourrait avoir cédé ou que des réparations non terminées pourraient être en cause.